Enzo. Ce prénom résonnait comme une douce mélodie aux oreilles de Bill.
Ce jeune homme brun d'origine japonaise était son petit ami depuis un peu plus d'un an.
Enfin, «petit ami »...ce mot avait un goût amer pour Bill.
Tout en l'embrassant tendrement dans le cou, il se rappela des circonstances de leur rencontre.
Elle avait eu lieu lors de son premier grand défilé. Un défilé pour Christian Dior. Il était alors considéré comme un mannequin débutant, alors que Enzo était un des mannequins les plus célèbres de la maison de haute couture.
Ce jeune homme de 22 ans avait un charisme étonnant et dégageait une sensualité exacerbée.
Ainsi lorsque Bill l'avait croisé dans les coulisses de ce fameux défilé, il n'avait pût s'empêcher d'être attiré par son corps longiligne mais légèrement musclé. Par ses cheveux d'un noir jais étincelant sous la lumière cru des néons. Et par ses yeux charbonneux surplombées de longs cils recourbés.
De se démarche chaloupée, le jeune homme avait alors franchi la porte d'une loge estampillé « Private » et Bill avait alors compris qu'il n'était pas un simple mannequin. En effet, peu d'entre eux pouvaient se vanter de posséder une loge privée.
Bill était alors retourné dans sa propre loge. Loge qui quant à elle, était collective.
Flash Back.
Une série de miroirs entourés de petits spots ornaient les murs de la pièce. Devant chaque d'eux se tenait un mannequin, une serviette en papier autour du cou.
Les maquilleuses s'affairaient autour de ces jeunes hommes : les pinceaux voletaient promptement autour de leurs pommettes, leurs yeux fermés étaient surlignés de khôl, tandis que leurs bouches entrouverts semblaient attendre la pose d'une dernière couche de gloss.
Au centre de la salle trônait une rangée de portant de vêtements, au milieu desquels s'affairait une armada d'assistance, cherchant, choisissant ou simplement reposant une des tenues qu'ils porteraient plus tard dans la soirée.
Puis au fond de la pièce, derrière des paravents, les premiers mannequins à défiler étaient déjà en train de s'habiller. Les couturiers papillonnaient autour d'eux, vérifiant les moindres plis, effectuant les dernières retouches, une aiguille entre les dents et un mètre autour du cou.
Bill profita alors de sa séance de maquillage pour demander discrètement « Qui occupe la loge privée du bout du couloir ? »
Sa maquilleuse avait alors sourit. Et le mannequin assis à sa droite avait répliqué « Tu est nouveau toi hein ? »
Le rouge lui était monté aux joues et il n'avait pas répondu.
C'est alors qu'une voix s'était élevé derrière lui « Si tu veux une réponse à ta question, demande lui toi-même. Et amène lui ça, moi je n'ai pas le temps. » Une des couturiers lui avait alors tendu un paquet de cigarettes, avant de rajouter avec un rire moqueur « Tu sais où le trouver n'est-ce pas ? »
Honteux de donner ainsi l'impression d'être obnubilé par cet homme, il était sorti de la pièce sans attendre.
Mais tout en avançant vers la fameuse loge, la colère qu'il avait pût ressentir quelques minutes plus tôt à être ainsi humilié, disparu.
Ne restait plus que le stress. Qui lui tordait le ventre et faisait battre son c½ur tandis qu'il avançait à pas feutrés sur la moquette du couloir.
Il toqua rapidement à la porte. « Entrez ». Sa voix était grave et assuré.
Bill s'avança alors, jetant machinalement un coup d'½il à la pièce dans laquelle il se trouvait.
C'était une grande pièce dépouillée aux murs blancs. Les seules touches de couleur provenaient du canapé en cuir noir qui se trouvait à sa droite, et du bouquet de rose rouge qui était posé sur une table basse en verre.
Le mystérieux mannequin était assis devant une coiffeuse. Une grande trousse de maquillage était posée devant lui, et Bill pouvait voir son visage à moitié maquillé à travers la glace qui lui faisait face.
Il lui demanda alors la raison de sa visite. « Un paquet de cigarette. Pour to...vous »
Bill était mal à l'aise et lui tendu le paquet d'un main tremblante.
« Merci ». Le jeune homme sortit alors une cigarette et l'alluma. Puis tout en soufflant sa fumée au visage de Bill, il ajouta « Je ne savais pas qu'ils avaient engagé un nouvel assistant ». Assistant. A ses mots Bill se figea.
Dans quelques heures, il défilerait à ses côtés et lui le prenait pour un... Blessé dans son orgueil, il tourna silencieusement les talons.
Mais lorsqu'il claqua la porte, il entendit distinctement « Au fait, je m'appelle Enzo ». Enzo. Ce prénom s'ancra dans sa tête alors qu'il se dirigeait vers sa loge.
Fin du Flash Back.
Sortant de ses pensées, Bill sentit une main frôler délicatement sa hanche. « Viens ».
Il ramassa son sac avant d'entraîner Enzo vers les ascenseurs.
Entremêlant ses longs doigts aux siens, il pensa avec délice à ce qui l'attendait lorsqu'ils sortiraient de cette putain de cabine. Enzo. Lui. Seuls. Enfin.
Cela faisait une semaine qu'ils ne s'étaient pas vus. Semaine qu'Enzo avait passé à Milan, tandis qu'il enchaînait les photoshoots en Allemagne et plus récemment à Paris.
Depuis 2 jours il dormait dans ce luxueux hôtel parisien. 2 jours qu'il espérait l'arrivée d'Enzo. 2 jours qu'il rêvait de sentir à nouveau sa peau chaude contre la sienne.
Les portes métalliques s'ouvrirent enfin. Fouillant dans son sac à la recherche de sa carte magnétique, Bill s'arrêta devant sa chambre. Enzo attendait à ses cotés, le couvrant d'un regard brûlant. Envie.
Bill frémit et ouvrit rapidement la porte de sa suite, lâchant son sac au sol, avant de plaquer Enzo contre le mur. Collant son corps au sien.
Il se contenta tout d'abord d'écouter les battements du c½ur de son amant résonner contre son torse.
Détaillant du regard le visage adoré. Avant d'en retraces les contours du bout des doigts. Passion.
Enzo souriait. Puis il frémit en sentait Bill retirer ses longs doigts, les remplaçant par ses lèvres mutines.
Des lèvres qui descendaient le long de sa mâchoire, avant d'aller délicatement se poser sur son cou.
Oui, tout n'était que douceur dans la pénombre de cette suite.
Puis peu à peu, les baisers se firent plus pressant. Bill mordillait à présent le cou d'Enzo. Désir.
Celui-ci, sortant de sa torpeur, défit rapidement les boutons en nacre de la chemise noire de Bill. La laissant tomber au sol avant de s'attaquer à ses épaules. Baisers mouillés.
Son pull rejoignit bientôt la chemise noire au sol. Et Bill continuait à lui parsemer le visage de baisers légers. Aime moi.
Accélération. Enzo poussa le corps frêle de Bill contre le lit qui se tenait derrière lui.
Les yeux brillants, le jeune androgyne s'enfonça dans la couette blanche immaculée. Frémissant en sentant le corps d'Enzo le recouvrir. Ses mains lui caressant le ventre avant de se poser sur ses joues. J'ai besoin de toi.
Alors leur corps se collèrent l'un à l'autre. Leurs lèvres fusionnant dans une première étreinte. Ne me laisse pas comme ça.
[...]
Haletant, Bill vint se coller contre le torse encore moite d'Enzo. Enlaçant ses jambes aux siennes, avant de l'entourer de ses bras. Envie d'un accord parfait. Encore une fois.
Puis avant de fermer les yeux, blottit au chaud sous les draps, il déposa un baiser furtif sur les lèvres endormies de son amant. Une demande silencieuse. Aime moi encore un peu.
