Chapitre 5

Chapitre 5

Bill traîna avec une certaine difficulté sa dernière valise derrière son dos maigre, si maigre, les roulettes en plastiques poussiéreuses s'enfonçant dans la moquette épaisse rouge sang, de son couloir. Ses cheveux étaient légèrement décoiffés, et une goutte de sueur coulait le long de son dos, longeant sa colonne vertébrale presque visible, sous son T-shirt blanc transparent.

D'une main moite, il extirpa alors ses clés volumineuses de la poche arrière de son jean, le métal tintant contre l'argent massif de son bracelet. Un bracelet fait de mailles épaisses et entrecroisés, qu'Enzo lui avait ramené d'un voyage en Italie, il y avait de ça plusieurs mois. Le jeune mannequin ne le quittait presque jamais, et le laissait volontiers accroché à son poignet fin, aux cotés de sa montre Omega.

La porte en bois s'ouvrit alors lentement, dévoilant une entrée plongée dans la pénombre, les gonds en acier grinçant légèrement après de longues semaines d'inactivités. Bill se courba alors pour tirer ses volumineux bagages contre le parquet lustré du hall. L'air ambiant était imprégné d'une douce odeur d'eucalyptus, et le jeune brun remercia encore une fois la redoutable efficacité de sa femme de ménage.

Il s'avança alors vers le salon, se laissant tomber dans le moelleux canapé faisant face à la baie vitrée qui occupait la plus grande partie de sa façade. La nuit plongeait Berlin dans une parfaite obscurité, les lumières papillonnantes des phares de voitures se détachant sur cette toile sombre. Il profita alors de ce silence réconfortant, observant d'un ½il fatigué le ballet nocturne de cette ville qu'il aime tant, et qui, il devait bien l'avouer, lui avait manqué ces derniers temps.

[...]

La vapeur d'eau s'échappant de la douche entrouverte, déposa une légère couche d'eau condensée sur le miroir de sa salle de bain, brouillant son image. Une serviette en éponge blanche autour des hanches, le jeune androgyne finissait de lisser méticuleusement sa chevelure sombre, avant d'appliquer délicatement une touche d'ombre à paupière noire sur ses yeux clos.

Ses longs cils fournis papillonnaient autour de ses jolis yeux chocolat, et après quelques coups de brosses mascarisés, il se décida enfin à sortir de la salle aux murs carrelés, s'avançant lentement en direction de son dressing. Et tout en triant d'un geste rapide les tenues susceptibles de trouver grâce à ses yeux, il réfléchit à la possibilité de rappeler Enzo.

Son amertume face à son comportement était toujours présente, tapie au creux de son c½ur comme une mise en garde muette, mais il ne pouvait décemment pas laisser leur relation s'effilocher de cette manière. Ils ne méritaient pas ça. Il attrapa prestement un T-shirt Zadig&Voltaire blanc aux motifs rouges, le collant contre son torse filiforme pour mieux s'observer dans la glace, sous la lumière des petits projecteurs qui encadraient son reflet.

Ses jambes si fines semblaient prêtes à se briser à tout instant, et agacé, il s'empressa de les cacher dans un jean noir Diesel « Larkee » hors de prix, avant de se mettre à la recherche de son I-phone, sans nul doute perdu au fond de son sac à main mal rangé. Lorsque ses doigts agrippèrent enfin la surface lisse de l'appareil, il remarqua alors un appel en absence. Un appel provenant du portable d'Enzo.

Ses mains se firent fébriles, mais il marqua un temps d'arrêt avant d'appuyer sur la touche verte lui permettant de le recontacter. Il savait qu'il allait lui falloir à présent, mettre des limites aux agissements de son beau japonais. Il ne pouvait pas permettre à Enzo d'avoir autant d'emprise sur lui, sur sa peau et sur ses sentiments. Et même s'il était sans doute déjà trop tard pour redéfinir les limites de leur relation, il ne voulait pas baisser les bras.

[...]

La faible lueur des lampadaires éclairait l'asphalte brûlant, contre lequel cognaient les semelles en plastique de ses baskets blanches. D'un pas pressé, il poussa la lourde porte en verre de l'hôtel Radisson, s'engouffrant sous la chape de lumière provenant des lustres en cristal pendant au plafond tel des patins désarticulés. Ses pas résonnaient contre le marbre rosé, et après avoir ôté ses lunettes de soleil Gucci, il aperçut la silhouette d'Enzo, qui semble parler à un groom à l'uniforme bleu marine, portant des boutons de manchettes dorés.

Le jeune japonais se retourna quelques secondes plus tard, et Bill remarqua alors que ses cheveux mi-longs avaient pris une nouvelle teinte, arborant à présent un blond cendré des plus délicat. Remarquant son air surpris, Enzo s'avance vers lui, l'embrassant rapidement avant de lui murmurer à l'oreille qu'il ne s'agit que d'une couleur provisoire, exigé par sa dernière campagne de publicité pour les produits cosmétiques Shiseido.

A demi rassuré, Bill attrapa alors quelques une de ces mèches folles entre ses doigts fins, avant d'esquisser un demi sourire. Il avait toujours aimé les cheveux lisses de son amant, des cheveux sombres, comme les siens. Laissant échapper un léger soupir, il se saisit de la main chaude d'Enzo, caressant sa paume lisse, avant de l'entraîner d'un pas léger vers l'entrée du restaurant de l'hôtel.

[...]

Les couverts en argent s'entrechoquaient contre la porcelaine des assiettes blanches au bord strié de bleu roi, alors que Bill et Enzo finissaient leur repas. Le jeune brun avait retrouvé un semblant de sérénité, mais il n'oubliait pas la discussion qu'il s'était promit d'avoir avec Enzo. Et alors que les serveurs récupéraient leurs dernières assiettes, il profita de cette occasion pour poser sa main manucurée sur celle du jeune mannequin.

D'une légère pression, il tenta d'attirer son attention, et les pupilles marron de son amant se posent alors sur son visage poudré, s'attardant sur son regard charbonneux. « Enzo...Hum, comment dire ça...Ces derniers temps...Récemment, j'ai l'impression que quelque chose ne va pas, entre nous. Ce n'est qu'une impression, mais j'avoue qu'elle me met mal à l'aise. C'est une situation qui me pèse, et je...enfin, je...je voudrais en parler avec toi ».

Durant son récit, Enzo ne l'avait pas quitté des yeux, mais à présent, son regard fuyait celui de Bill, alors que ses doigts restent fermement liés aux siens. Le jeune brun avait sentit le dos de la main d'Enzo se tendre lors de ses premières paroles, mais il n'avait pas voulu faire machine arrière, et avait continué à débiter ces phrases assassines, son c½ur battant un peu plus fort, sa gorge se serrant sur ses dernier mots.

« Je sais bien que je ne suis pas le petit ami idéal, Bill. Et cette situation ne me rend pas plus heureux que toi, crois moi. Mais je ne peux pas faire autrement, et tu le sais. Tu sais comment fonctionne notre métier...tu sais les règles imposés par notre mode de vie ». Ces quelques mots laissèrent Bill pétrifié, immobile sur sa chaise de style renaissance, ses pieds en bois doré, arc bouté contre le sol.

Notre mode de vie. Enzo ne voyait t'il donc en lui, que sa facette de jeune mannequin prometteur ? Apercevait t'il seulement l'homme sans paillette ni artefacts, qui se dessinait au loin, derrière les flash des photographes et des paparazzis ? Après tout, ils ne se voyaient que dans le cadre de leur métier, et ils n'avaient jamais eu le temps de passer ne serait-ce qu'une semaine ensemble, au calme, loin de tout cette agitation médiatique qui rôdait autour d'eux, avide, se nourrissant de leur faiblesse, se gorgeant de leur fragilité offerte à la lumière des projecteurs.

Bien sûr, dans un premier temps, Bill s'était accommodé de cette situation, jugeant leur relation trop fragile, pour déjà, exiger un peu plus de temps de la part d'Enzo. Mais ses sentiments devenant grandissant pour le jeune japonais, il eu de plus en plus de mal à le laisser partir, observant les poing serrés, la porte de sa suite ou de son appartement, se refermer sur sa silhouette, lui laissant comme un goût d'inachevé sur les lèvres.

Il avait donc espérer, qu'Enzo le rassure, lui démontrant à demi-mot qu'il croyait à leur avenir commun, et qu'il était prêt à faire des concessions, pour que leur couple se porte au mieux. Mais pour l'instant, sa carrière semblait prendre la première place dans la liste de ses priorités, et Bill n'était, au mieux, qu'en seconde position. Cette constatation s'imposa alors comme une évidence, et le jeune brun retira doucement sa main de celle d'Enzo, avant de poser ses couverts au centre de son assiette. Toute trace d'appétit avait chez lui, disparu.

« Bill... ». A l'entente de son prénom, prononcé avec ce sentiment de pitié qu'il abhorrait, celui-ci baissa les yeux, avant de sentir la main d'Enzo se refermer avec force sur son avant-bras. « Bill...je ne voulais pas dire les choses de cette manière, c'est juste que... tu comprends hein ? Je tiens à toi, vraiment, mais pour l'instant, je ne peux pas faire des promesses que je ne pourrais pas tenir...Je suis désolé ».

Le jeune androgyne se rendit alors compte, que si, malgré son jeune âge, il se sentait déjà capable de s'engager sérieusement dans une relation avec Enzo, la réciproque était encore loin d'être vérifié. Il ne savait plus quel attitude adopter. Enzo tenait à lui, mais cela serait-t-il suffisant ? Il se leva alors, essayant de garder son calme et tentant de retenir les gouttes d'eau salée, qui menaçaient de déborder de ses yeux brillants.

Mais au moment de s'éloigner, il faillit percuter un serveur au tablier blanc immaculé, qui tenait entre ses mains une bouteille de champagne. Déséquilibré, il se rassit et Enzo lui intima l'ordre de ne pas bouger, avant de remercier le serveur, qui déjà, s'en allait, naviguant entre les tables dressées, son crâne chauve luisant sous la lumière des plafonniers.

« Je sais que ce n'est pas le moment idéal pour parler de tout cela, mais je repars demain, et j'aurais voulu fêter cela avec toi ». A ces mots, il saisit adroitement la bouteille humide, qui gisait entre les glaçons qui commençaient à fondre, avant de la débouchonner sous le regard surpris et agacé de Bill. « Ton manager m'a appelé en début d'après-midi. Il avait une bonne nouvelle pour toi, mais il a pensé que je serais le plus apte à te l'annoncer ».

Le champagne coulait le long de leurs flûtes, et Bill regardait d'un air absent, la mousse se former pour disparaître quelques instants plus tard, laissant place au léger pétillement des fines bulles. « Tu as officiellement été choisi pour la prochaine campagne de publicité Lacoste, au Etats-Unis. Félicitations Bill ». La campagne Lacoste. Une campagne de plusieurs mois sur le continent américain.

La main de Bill se referma avec violence sur la coupe de champagne, la portant à ses lèvres rougies, tout en fixant d'un air condescendant le visage d'Enzo. Celui-ci tenta de ne pas réagir à la provocation du jeune brun, et afficha un sourire fade de circonstance, laissant les dernières bulles de sa coupe s'échapper dans l'air étouffé de la pièce. Le couple installé à la table voisine commençait à les observer, et un sentiment de malaise s'empara de lui. Il détestait se faire remarquer, et Bill le savait parfaitement.

Mais le jeune brun ne perdit pas son sourire moqueur, laissant sa coupe à moitié vide sur le bord de la nappe, avant de se saisir de son sac, posant prestement ses lunettes noires sur son nez longiligne. « Ce n'est pas de tout ces contrats et de tout ce fric dont j'ai besoin, Enzo ». Son regard opaque se pose sur son visage, un visage tellement délicat, mais qui lui paraissait à cet instant, si froid.

Et sans un regard en arrière, il quitta la pièce, laissant la nuit fraîche de Berlin l'envelopper.

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Voilà, ca faisait longtemps ^^

Hum, je sais pas encore ce que cette histoire va donner, mais bon je veux tenter de la finir pendant les vacances. Si jamais il y a encore des personnes intéressés par la suite, faites signe =)

Bisous<33
Lucy**

Hé, ca fait plaisir de retrouvé des noms connus, hum pour Yuka, euh, en fait Tom devrait arriver assez rapidement, vu qu'il va être un des personnages principaux =) Je vais essayer de taper une suite avant de monter sur Paris, mais je promets rien lol. Il faut que je me remette dans le bain pour éviter de faire une Piece by Piece 2 ^^

# Posté le samedi 07 juin 2008 11:52

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:12

Chapitre 6

Chapitre 6

Les faibles rayons du soleil matinal se déposèrent délicatement sur l'épais tapis blanc qui ornait le sol de son living-room. Il ne bougeait toujours pas, restant prostré sur le canapé en cuir noir, emmitouflé dans un large pull en coton blanc qui dévoilait la peau laiteuse de son épaule droite. Une épaule osseuse, presque anguleuse, sur laquelle se détachaient quelques minuscules tâches de rousseur. Ses doigts frissonnèrent légèrement, et la tasse en terre cuite rouge, qu'il tenait entre ses doigts, n'arrivait pas réchauffer ses sens engourdis, ne laissant échapper qu'une légère odeur de caféine à travers la pièce.

Tout en laissant la tasse brûlante effleurer ses lèvres sèches, il ne pouvait cesser de penser aux dix jours écoulés. Dix jours depuis leur accrochage, dix jours durant lequel ils ne s'étaient plus parlé. Le café bouillant se répandit sur sa petite langue rosée, lui arrachant un gémissement, avant qu'il ne repose la tasse, sur la table basse vitrée, en un geste violent. Sa main tremblait, et il la plaqua contre sa bouche, attendant, le c½ur battant et la mâchoire contractée, que la douleur s'estompe, laissant une légère trace de brûlure, sur son palais meurtri.

La morsure du liquide sembla alors le sortir de la douce léthargie au sein de laquelle il aimait se complaire depuis le soir, où, las, il avait fait le choix de laisser Enzo derrière lui, pour la première fois depuis le début de leur histoire. Son ventre se contracta à cette pensée, et il revit les images de son retour à l'appartement, des larmes amères dévalant ses joues rougies, son souffle alcoolisé et saccadé laissant échapper de petits soupirs étranglés, alors qu'il s'enfonçait dans la nuit qui s'était abattu sur la ville endormie.

Car si, à l'instant même où il avait franchit la porte vitrée du restaurant, il croyait encore avoir prit la décision la plus sage, sa longue marche en solitaire lui avait laissé le temps de regretter son ultime coup de sang. Depuis, son téléphone avait sonné à de nombreuses reprises, et son I-phone était inondé de message qu'il s'était catégoriquement refusé à lire, ne voulant pas jouer d'avantage avec son c½ur bouleversé et son esprit tourmenté. Il ne se sentait pas encore prêt à faire face à l'assurance déstabilisante d'Enzo, qui mettrait sans doute terme à toutes ses convictions.

En attendant, il ne pouvait que craindre que leur discussion n'aboutisse sur rien de concret, leur relation n'évoluant pas dans le sens souhaité, car leur situation professionnelle, elle, ne changeant pas d'un iota. Dans moins d'une semaine, il serait confortablement assis dans le siège bleu azur d'un Boeing en partance pour Chicago, alors qu'Enzo serait sans nul doute encore au Japon, somnolant dans la suite de l'hôtel cinq étoiles, où il vivait depuis leur dispute, ses cheveux blonds se répandant sur l'oreiller immaculé, les lumières nocturnes de Tokyo filtrant à travers ses stores à demi-fermés.

Le lendemain de cette soirée mémorable, Bill était arrivé dans les locaux du magazine de mode ELLE, le visage ravagé, ses pupilles injectés de sang, un halo de cerne entourant ses tendres yeux noisette.

Il n'avait que très peu dormi, passant la plus grande partie de la nuit à se retourner dans son lit rond en cuir blanc, laissant la moiteur de sa peau imprégner les draps chocolats froissés, donnant de fréquents coups de talon impulsifs dans les coussins, qui tombaient alors au sol, s'écrasant dans le moelleux de sa moquette immaculé. Le repos lui était finalement parvenu aux première lueurs de l'aube, le nez enfoui dans l'odeur rassurante de son oreiller, le visage d'Enzo imprimé dans son esprit, un dernier sanglot sur ses lèvres humides.

Kate était alors arrivée, esquissant un sourire désolée, et une fois assit devant la coiffeuse, un pinceau poudrée virevoltant sur l'arrête de son nez, la lumière des néons mettant en en évidence le teint blafard de sa peau, il n'avait pût que tout lui raconter, murmurant les quelques paroles prononcés par Enzo d'une voix cassée, ses ongles s'enfonçant dans la chair délicate de sa paume. La colère qu'il ressentait contre le jeune mannequin était alors si palpable, que c'est d'une main hésitante que Kate lui tendit une lettre à l'en tête de l'hôtel Radisson.

Son c½ur s'était alors accéléré, il savait. L'enveloppe fut vite déchirée, et il pût admirer l'écriture fine et légèrement allongé d'Enzo, se détacher sur la feuille de couleur crème. Quelques mots, écrits à la hâte, sans doute avant qu'il ne prenne son taxi. Il repartait pour le Japon, finir sa campagne publicitaire pour les cosmétiques Shiseido, mais il lui promettait de revenir le plus vite possible, avant son départ pour les Etats-Unis. Il s'excusait aussi, de la violence de ses paroles, lui promettant de se rattraper à son retour. Ah oui, aussi, il tenait à lui. S'était inscrit tout en bas de la page, presque maladroitement, mais Bill réalisa alors, la gorge serré, que cela ne lui suffisait plus.

[...]

Le souffle chaud de la bouche de métro vint effleurer son visage fin, faisant voleter quelques mèches de ses cheveux noir jais. Il pressa le pas, le talon de ses santiags flambants neuves résonnant contre le béton grisâtre du quai. Quelques personnes le bousculèrent et il se mit à apprécier cette agitation, si éloignée du caractère glaciale et impersonnelle des banquettes arrières des taxis qu'il empruntait à l'accoutumée. Mais en ce début de soirée, il avait préféré se mêler à cette foule qu'il avait prit l'habitude de fuir par le passé, cherchant dans ce ballet incessant de corps et d'esprit, une alternative à ce sentiment de solitude qui le rongeait depuis bientôt deux semaines.

Ses larmes s'étaient taries, mais il ne trouvait toujours aucune réponse à ses questions. Les doutes s'étaient à présent emparés de son esprit, ne le laissant que rarement en paix. Il souhaitait mettre un terme à cette situation, et c'est pour cette raison qu'il avait appelé Enzo, lui donnant un dernier rendez vous, avant son départ pour Chicago. Il y avait eu beaucoup d'hésitations, mais il ne pouvait pas partir de cette manière, sans leur laisser le temps de s'expliquer, laissant l'incompréhension et les mots étouffés s'emparer de leur relation.

C'est donc avec une assurance feinte qu'il poussa le battant de la porte du Starbucks Coffee, appréciant la fraicheur de la climatisation qui se déposa sur la peau délicate de ses bras. Le comptoir se dressait devant lui, et derrière les vitrines, il pouvait voir les cookies et les muffins qui s'étalaient et semblaient l'appeler. Mais il ne pouvait pas, bien sûr. Toute prise de calories superflue étaient pour lui prescrit, et il se devait de suivre à la lettre ces indications. Il se contenta donc de commander un machiatto au caramel, avant de se saisir d'une dose supplémentaire de sucre.

La petite salle était presque totalement remplie, et il ne lui fallut pas très longtemps pour reconnaitre le blouson noir d'Enzo étendue sur les bras d'un canapé en velours violine. Il portait un simple polo Lacoste bleu pâle et des Rays-bans, que Bill reconnu comme étant le modèle qu'il avait choisit un soir, sur internet, sur ses conseils. Enzo venait de revenir d'un défilé, et ils avaient passés une partie de la soirée lovés dans le canapé de son appartement, à manger des sushis tout en regardant une comédie romantique sur écran plat.

A cette pensée, une vague de tendresse pour le jeune japonais, l'envahit, laissant une jolie couleur rosée sur ses pomettes. Il ne pouvait oublier toutes les soirées qu'ils avaient passées ensemble, nuits si courtes, mais si intenses. C'était des soirées comme celle-ci dont il avait le plus besoin, des soirées où il avait l'impression de compter réellement pour Enzo, d'être cette personne si spéciale à ses yeux. Lui, ne pouvait plus cacher ses sentiments, ils étaient là, exposés devant le regard sombre du jeune japonais, et Bill ne pouvait qu'espérer qu'il les prenne, un jour, en considération.

Sur cette pensée, il pressa le pas, traversant la salle aux murs en briques rouges, parsemé de miroirs aux bords légèrement dorées. Enzo semblait lire un journal, mais en le voyant arriver, il replia le papier, enlevant lentement ses lunettes. Bill pût alors apercevoir ses prunelles sombres, qu'il avait tant apprit à aimer, comme il aimait à présent la moindre parcelle de l'homme qui se trouvait en face de lui. Son regard semblait fatigué et empreint de lassitude, et il espéra secrètement, son souffle s'accélérant, que cela ne fut pas seulement dû au décalage horaire.

Il s'assit alors à coté du jeune blond, posant son récipient en carton blanc sur la table basse en chêne. Les lampadaires aux pieds en fer forgé, diffusaient une douce lumière orangée à travers la pièce, éclairant les traits de leurs visages qui se faisaient face, immobile dans la semi-obscurité. Enzo posa alors délicatement sa main sur son poignet, avant de déposer un léger baiser sur sa joue tiède. « Tu m'as manqué ». Bill sentit son petit c½ur compressé, se réchauffer lentement au son de ses quelques mots, murmurés au creux de son oreille. Des mots qui ne rimaient que pour lui.

Il ferma les paupières, esquissant un léger sourire : ces mots lui faisait du bien, tellement de bien qu'il s'en sentait presque coupable, se moquant de sa propre faiblesse. Il battit des cils, sentant le regard d'Enzo effleurer son nez avant de s'attarder sur sa bouche, une lueur indéchiffrable au fond des yeux. Il murmura alors, le regard fixé sur son gobelet : « Tu as réfléchi, depuis...la dernière fois ? ». Enzo passa une main sur son visage, appuyant ses doigts sur ses paupières fatiguées. « Bien sûr, et je me sens coupable, Bill. Je ne voulais pas te blesser...Tu mérites quelqu'un qui a plus de temps à t'accorder, j'en suis conscient. Mais dans l'état actuel des choses, je n'ai que notre situation à t'offrir. Je n'ai que ca, pour te prouver que je tiens à toi ».

Le jeune brun, quant à lui, baissa la tête. La réponse était prévisible, mais un espoir fou ne l'avait pas quitté, lui laissant l'illusion qu'Enzo était prêt pour une vraie vie à deux. Mais ce n'était manifestement pas le cas. Enzo tenait à sa carrière, et il tenait aussi, au fond, à sa liberté, une liberté déjà bien entaché par sa profession. Peut être avait t'il peur d'étouffer, coincé entre un métier prenant et un petit ami possessif ? Cette pensée lui arracha un rire amer, avant qu'il ne repose ses pupilles voilées de tristesse sur ce visage qu'il connaissait si bien.

« Tu sais ce que cela signifie, n'est-ce-pas ? ». Sa voix tenue se brisa, et quelques larmes traîtresses vinrent se perdre au coin de ses yeux. Il risquait de le perdre, mais il ne pouvait plus faire semblant d'être heureux, feindre la félicitée lorsqu'il se trouvait dans ses bras, pour mieux étouffer ses pleurs dans un lit bien trop grand, où il se sentait si seul, lorsqu'il n'était pas là. « J'ai besoin de temps ». Le jeune japonais acquiesça, et Bill réalisa alors que ces quelques mois passés aux Etats Unis ne pouvaient être qu'une bonne chose pour eux.

« Et je voudrais...je voudrais que tu ne cherches pas à me contacter lorsque je serais là-bas... aux Etats-Unis ». Le regard surpris, que lui lança alors Enzo, retourna son estomac, et creusa un douloureux sillon dans ses sentiments. Il devra se rappeler de cet instant, l'instant où il avait mit un terme, de lui-même, à plusieurs mois de détresse silencieuse. Les choses ne pourraient plus jamais être les même, et il ne pouvait que croire en un avenir meilleur, à son retour en Europe. Il espérait tellement qu'en son absence, Enzo prenne conscience d'éventuels sentiments bien plus forts à son égard.

Suffisamment fort pour le convaincre de leur laisser une chance. Une seule chance. Le jeune brun n'en demandait pas plus.

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Hum, tant que l'inspiration est là, j'en profite =)

Tom débarque dans le prochain chapitre, c'est maintenant sûr ^_^

J'espère que ce chapitre vous plaira, merci pour vos commentaires <3


Bisous<3
Lucy**

Hum, imprévus de vacances, à partir de samedi j'aurais un accès à internet des plus difficile, j'essaierais de continuer à poster, mais rien de régulier, et je ne peux pas prévenir non plus. Je suis désolée, mais la situation devrait revenir à la normale d'ici le 19 juillet. Voilà,voilà. Bisous<3

# Posté le jeudi 19 juin 2008 19:07

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:12

Chapitre 7

Chapitre 7

Le soleil de cette fin de matinée inondait les trottoirs ombragés, déposant l'ombre fine de sa silhouette sur le macadam usé. Ses doigts se resserrèrent compulsivement sur la anse de son sac de voyage en cuir noir, qu'il tenait fermement coincé sous son bras, et qui frottait douloureusement contre son épaule endolorie. D'un geste nerveux il dégagea une mèche ébène de sa vue, apercevant, au dessus du flot de voitures qui circulaient bruyamment devant son immeuble, l'enseigne d'un taxi.

Ses pupilles chocolatés, cachés derrière des verres fumés, scrutèrent alors les abords de la rue, à la recherche d'un visage familier. Mais il n'aperçut que les traits austères de parfaits inconnus, et c'est avec un dernier pincement au c½ur qu'il s'engouffra dans le véhicule rutilant, annonçant d'une voix sourde au chauffeur, la direction de l'aéroport. Son I-phone se mit alors à sonner, et c'est avec un espoir teinté de ridicule, qu'il fit glisser la surface lisse de l'appareil. Son souffle se coupa.

'Vous avez reçu un e-mail. Expéditeur : Kate'. Soupir de déception.

[...]

Quelques rayons lumineux filtraient à travers les parois en verre du couloir, répandant une douce chaleur sur son bras nu, avant de se réfléchir sur la surface vitrée de sa montre, tandis qu'il levait sa main dans l'espoir de se faire remarquer par son équipe, au milieu de la foule de voyageurs pressés. Il accrocha alors le regard de son manager, qui s'empressa de venir le rejoindre, le déchargeant de ses affaires, tout en lui tendant son billet d'avion. Ses mains tremblèrent alors qu'il sortait de la pochette transparente, un billet flambant neuf pour Chicago.

« Tout est ok, Bill ? ». Le jeune brun acquiesça d'un hochement de tête absent. Dans moins de deux heures, son avion s'élancerait dans l'air chaud du ciel berlinois, et sa gorge se serra. Un sentiment d'inquiétude prit possession de ses muscles, contractant son ventre, et laissant sa bouche sèche. Ce contrat américain était pourtant une véritable chance : deux mois passés à écumer les routes pour assurer la promotion de la nouvelle ligne Lacoste, entouré de son équipe habituelle.

Passant une main sur son front moite, il s'avança vers Kate, un goût de chewing-gum à la fraise sur les lèvres.

[...]

Baissant imperceptiblement la tête pour atteindre sa place, Bill suivit rapidement Mark, son agent, qui le guida jusqu'à leurs sièges. Il s'y assit rapidement, et appuya sa nuque courbaturée contre le dossier en mousse inconfortable, fermant lentement les paupières. Mais les mouvements incessants des autres passagers lui parvinrent à travers son demi-sommeil, et il se retourna brusquement vers le hublot, tentant de retrouver son calme, tout en enfonçant les écouteurs blancs de son I-pod dans ses petites oreilles délicates.

A travers la petite vitre sale, il pouvait voir le ciel se couvrir, déposant l'ombre des nuages sur le goudron sombre de la piste de décollage. Dans quelques heures leurs avion atterrirait à l'Aéroport international O'Hare, et il espérait que cela se ferait sous un soleil éclatant. Il referma alors les yeux, se laissant bercer par la douce mélodie qui s'échappaient de ses écouteurs et dont le titre « 42 » défilait sur l'écran tactile. Oui, il avait besoin d'un vrai « break », loin de toute cette agitation qui régnait autour de sa personne, en Europe.

Il décida alors que cette promotion américaine n'était finalement pas une si mauvaise chose pour lui.

[...]

Lorsqu'il émergea de son sommeil, il sentit une main sur son épaule qui s'accrochait à son T-shirt, enfonçant ses ongles manucurées dans sa peau. « Bill, dépêche-toi, redresse ton siège, nous sommes presque arrivés ! ». Il sentit alors les premiers soubresauts de l'appareil, et rabaissa ses lunettes de soleil sur son nez. Il pouvait deviner le soleil qui perçait à travers le rideau épais, et en jetant un rapide coup d'½il à l'écran qui se trouvait inséré dans le dossier du passager qui se trouvait devant lui, il pût lire «Température extérieur : 27°C ».

En effet, à l'extérieur de l'appareil, le soleil était doux, mais lui brûlait agréablement le dos, réchauffant ses muscles engourdis par le voyage. Ils marchèrent sur le tarmac, se dirigeant vers la navette qui les ramènerait vers les bâtiments de l'aéroport, laissant le vombrissements des moteurs couvrirent le claquement de leurs pas. L'air était lourd et humide, et le jeune brun quitta rapidement sa légère veste en cuir, la fourrant sans ménagement dans son grand sac à main.

Mais au moment de le refermer, il aperçut, derrière un paquet de cigarette light, la surface brillante de la coque de son I-phone. Tout en jetant un rapide coup d'½il à son équipe qui s'engouffrait déjà dans le véhicule climatisé, il se saisit alors prestement de l'appareil, le c½ur battant. Un message reçu. L'appareil retomba brusquement dans les tréfonds sombres du sac, se cognant contre un vieux magazine de mode corné, qu'il avait bien dû lire une dizaine de fois, pour tromper son ennui.

Il était bien trop tard pour tenter de revenir en arrière. Les choses ne pouvaient rester en l'état, ils devaient changer. Ensemble, ou séparés.

[...]

Le pick-up filait à vive allure sur la route 90 presque déserte en cette fin d'après midi. Une légère brise se répandait dans le véhicule, brassant l'air étouffant, asséchant les quelques gouttes de sueurs qui, déjà, se formaient le long de leurs tempes. Il était presque 19h et leur hôtel se situait dans le centre de Chicago, aux abords du lac Michigan. Le ciel bleu clair se teintait de tâches rosées, et en levant les yeux, Bill pouvait voir les mouettes tournoyaient au dessus des docks dont se dégageait une légère odeur de soufre.

Leur véhicule s'enfonça alors à travers les avenues bordées d'immeubles aux nombreux étages, se stoppant finalement devant un hôtel qui se situait dans une petite rue transversale. Un tapis rouge légèrement taché était posé à même le trottoir, et deux majordomes engoncés dans leurs uniformes, semblaient les attendre. Leurs visages était rougeaud, et le plus frêle se précipita vers le coffre dès que le chauffeur eu coupé le contact, se contentant de faire tourner la clé autour de son doigt gras et épais.

D'un geste las, Bill s'extirpa du véhicule, maudissant leur taxi cahotant, et son futur mal de tête qui se profilait à l'horizon. L'agence de location de voiture n'avait semble t'il pas enregistré leur réservation, et n'avait pût leur fournir que ce pick-up cahotant pour effectuer leur trajet à la place de la Land Rover climatisée tant attendu. Il s'engouffra dans le hall désert et mal éclairé, alors que derrière lui, Mark avait déjà sortit son cellulaire et semblait en contact avec l'équipe Lacoste.

Kate lui intima alors l'ordre de la suivre vers les ascenseurs métalliques. Tout ses muscles semblaient courbaturés, et sa tête était déjà affreusement douloureuse : il la suivit donc sans réfléchir, laissant les grooms porter leurs nombreuses valises étiquetés. Les portes se refermèrent sur eux, et il se massa rapidement les tempes, avant d'esquisser un sourire en direction de son amie. « Je suis à la combien ? ». « 621 ». Les portes se réouvrirent et il acquiesça, s'avançant à tâtons dans le couloir sombre.

Les murs semblaient dégager une doucereuse odeur d'anti-mite, et Kate fit rapidement tourner la clé en or plaqué dans la serrure, lui jetant un regard empreint d'inquiétude. Il s'affala immédiatement sur le lit king-size, laissant son T-shirt trempé humidifier ses draps en coton rêches. Les rideaux étaient tirés et une semi obscurité aux tons orangés, régnait dans la pièce. Il ferma les yeux, et entendit le robinet de la salle de bain adjacente s'ouvrir, puis se refermer, laissant quelques gouttes d'eau tomber sur l'email blanc, dans un « ploc » sonore.

Quelques instants plus tard, il sentit Kate s'asseoir au bord de son lit, avant qu'une main familière ne se glisse autour de son poignet « Billy... ». Etouffant un grognement, il souleva difficilement les paupières, sentant la pièce tourner légèrement autour de lui, alors qu'il tentait de concentrer son attention sur son visage. « Bois, cela te fera du bien ». Elle lui tendit alors un gobelet en plastique, dont l'eau pétillait sous l'effet du cachet d'aspirine. Il se souleva lentement, se saisissant du verre d'une main brûlante et tremblante.

L'eau fraîche soulagea sa gorge sèche, et il avala goulûment la boisson, appréciant l'humidité laissée sur ses lèvres gercées par la climatisation artificielle de l'avion. « Merci ». « Dors maintenant, demain matin nous avons un check up avec l'équipe Lacoste, je passerais te chercher ».

Il se blottit alors d'avantage contre son oreiller, relâchant ses muscles encore douloureux, tout en murmurant un vague « ok ». Attendrie, elle quitta la pièce, refermant délicatement la porte derrière elle.

[...]

Les klaxons des voitures qui semblaient se situer juste au dessous de ses fenêtres, lui arracha un gémissement.

Il se retourna, enfonçant plus profondément son visage dans la taie d'oreiller, cherchant à fuir la cacophonie ambiante qui semblait marteler son esprit. Sa bouche était pâteuse et sa peau moite qui collait à ses vêtements, le faisait frissonner. Il se rallongea sur le dos, observant le plafond blanc : il était à Chicago. Il fût tenté de se rendormir, mais en apercevant sa montre, il se releva rapidement, s'appuyant contre le matelas pour reprendre ses esprits.

Poussant un léger soupir de frustration, il se dirigea alors vers la salle de bain, appuyant son épaule contre le mur carrelé. En face de lui, un large miroir lui renvoyait le reflet de ses yeux rougies et gonflées, de son teint pâle et ses bras si fins. Ses joues étaient creusées, et ses pommettes saillantes semblaient le narguer. Baissant les yeux, il se déshabilla alors lentement, inspectant le moindre pli de sa peau blanche, presque transparente sous la lumière artificielle des néons, tentant d'apprivoiser ce corps anguleux, qui lui semblait chaque jour, un peu plus étranger.

L'eau glaciale ruisselait sur son corps tremblant et courbé, lavant ses erreurs, effaçant ses doutes. Il se sentait nauséeux, et dans le silence de la pièce, il laissa ce sentiment de solitude, qu'il avait longtemps refoulé, l'envahir. Glissant contre la paroi de la douche, il ne pût retenir un sanglot, entourant son corps maigre de ses bras, comme dans une ultime tentative de se protéger des autres, et de Lui.

Lui, qui était devenu une véritable obsession, son obsession.

[...]

Emmitouflé dans un sweat-shirt bien trop grand pour lui, les cheveux encore humide et les yeux lourds, il descendit alors dans le hall d'entrée, à la recherche de son équipe. Il n'était que 10h. Il aperçut alors Mark dans le salon adjacent, conversant avec des personnes qui lui étaient totalement étrangères. « Eh Bill, déjà debout ? Viens par ici ! ». Il lui désigna un large fauteuil en cuir blanc, et quelques instants plus tard, un serveur lui apportait un café brûlant.

« Alors, je te présente une partie de l'équipe qui va travailler avec nous cet été ». Levant le nez de sa tasse, il observa alors plus attentivement les personnes lui faisant face. Ceux-ci lui souriaient franchement, mais semblaient étonnés par le regard froid du jeune homme. Mais Bill n'était pas d'humeur à faire des efforts, surtout avec des inconnus. « Hum, alors voilà Luke, qui est chargé de la réalisation des vidéos, et Stephen, le photographe ».

Tout deux étaient vêtus de larges chemises blanches, et se cachaient derrière d'énormes lunettes de soleil, qui ne masquaient cependant pas leurs peaux bronzées par de nombreuses heures d'UV. Stephen baissa alors ses lunettes, et le dévisagea à son tour. Il sentit leurs pupilles avides se poser sur son cou, ses mains aux ongles rongés, et sur ses jambes interminables. Il détourna rapidement la tête mais eu le temps d'apercevoir leurs regard entendus : ils le dégoûtaient.

« Ah voilà le retardataire ! Bill, je te présente Tom, l'assistant photographe ». Un jeune homme en marcel blanc, entra alors dans la pièce. Il s'installa dans l'un des derniers fauteuils libres, et baissa rapidement ses lunettes, esquissant un sourire. « Hello Bill ! ». Celui-ci hocha la tête, les yeux fixés sur ses dreadlocks attachés en chignon, parsemés de petites perles de bois. Cherchant son paquet de tabac dans la poche arrière de son bermuda rouge, Tom se baissa en avant, et Bill remarqua alors ses tongs, et le léger fil rouge qui entourait sa cheville bronzée.

Cette promotion s'annonçait pour le moins réjouissante.

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Bon voilà, je profite d'un léger retard dans mon planning pour poster ce nouveau chapitre ^_^
On avance, on avance, j'ai des idées, reste à savoir comment je vais les exploiter hum.

Merci pour vos commentaires =)

Bisous<3 et bonnes vacances !!
Lucy**


De retour du BAFA, un peu crevée, j'essaie d'écrire dans la semaine. Pour le "ils le dégoutaient", en fait c'est Bill qui est dégouté par les deux autres gars. J'avoue que ce n'était pas forcément très clair lol !

Un grand merci pour vos commentaires, à très vite !! Bisous

# Posté le dimanche 29 juin 2008 07:27

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:12

Chapitre 8

Chapitre 8

L'aspect brouillé des devantures des magasins défilait sous ses yeux fatigués, et cherchant à éviter la luminosité du soleil, il se glissa rapidement dans l'ombre de la banquette arrière.

La fraîcheur du dossier contrastait avec la chaleur de sa peau et lorsqu'il appuya sa joue contre la vitre brûlante, il put apercevoir, se reflétant dans le rétroviseur immaculé, le capot du break qui les suivait à travers les avenues encombrées de la ville.

Tom était au volant et son bras fin pendait dans le vide, ses longs doigts tapotant la portière métallique en un rythme régulier. A coté de lui, Bill remarqua la présence de Stephen, lunettes relevées, et visage exposé aux rayons de soleil de cette fin de matinée.

Dans quelques minutes, il effectuerait un photoshoot sur les quais du port de Chicago, dont les premières embarcations se dessinaient à travers la poussière du pare-brise.

Kate, assise sur le siège passager, se retourna alors vers lui, esquissant un sourire en lui tendant le planning de la journée. Il murmura un timide 'merci', ses yeux parcourant rapidement la feuille blanche, s'attardant sur les moments de pause qui lui avaient été accordés en fin d'après-midi et en début de soirée.

Le brutal freinement de la Land Rover lui arracha un juron étouffé, et après avoir salué leur chauffeur d'un vague hochement de tête, il posa un premier pas hésitant sur le goudron humide des docks.

[...]

Les teintes orangées du ciel surplombaient les quelques techniciens qui, lentement, démontaient les spots et les bâches blanches, derniers vestiges de la séance photo passée au milieu des paquebots et autres cargos en partance pour l'Europe, l'Afrique ou encore l'Asie.

Bill, assit sur une chaise dépliable noire, observait, caché derrière ses lunettes aviateur, le manège du chargement des bateaux, les cales se remplissant de nombreux caissons métalliques étiquetés.

Il portait encore sur lui sa dernière tenue, mais son polo en coton bleu marine n'empêchait pas une légère chair de poule de se former sur ses bras, alors qu'il attendait le moment du départ pour le centre-ville, où aurait lieu le dernier photoshoot de la journée.

Il sentit alors une main se poser sur son épaule, avant que ne retentisse une voix qui ne lui était pas étrangère : "Tu veux manger quelque chose, Bill ?"

Il tourna doucement la tête et esquissa un sourire en direction de Tom, qui se tenait derrière lui, et qui semblait attendre sa réponse, un calepin corné à la main. "C'est moi qui suis chargé de ramener le déjeuner pour tout le monde, alors ?".

Haussant un sourcil, le jeune brun murmura : "Un sandwich végétarien, et hum, une pomme s'il te plait".

Tom hocha doucement la tête, notant d'un geste rapide la réponse, avant de s'éloigner vers Stephen, son stylo Bic bleu dans la bouche.

[...]

Un quart d'heure avait passé lorsque le jeune assistant revint, les bras chargés de nombreux sacs en papier et les pommettes rougies.

L'élastique de ses dreadlocks se détachait, et lorsqu'il s'assit à côté de Bill, ses longs cheveux blonds se répandirent autour de ses épaules, lui laissant quelques mèches claires devant les yeux.

"Tiens". Il lui tendit alors un sandwich au thon, aux feuilles de salades jaunies et fripées et dont la mayonnaise débordait sur les cotés.

"Ils n'avaient plus que ca. Désolé". Puis, sans un mot, il sortit un filtre de sa poche, et commença à se rouler une cigarette, le tabac se coinçant entre ses doigts calleux.

"Et ma pomme ?". Tom haussa les épaules, soufflant un premier nuage de fumée, qui se mélangea aux résidus de pots d'échappement de l'autoroute voisine. "Pas moyen d'en trouver une par ici".

Légèrement surpris, le jeune mannequin se contenta d'arracher un petit bout de pain de son sandwich, le goût acide de la tomate imprimé dans la mie, venant se répandre sur son palais. "Ok. Merci".

Tom extirpa alors une petite bouteille d'eau de son sac à dos usé, la portant à sa bouche charnue en un geste lent avant de reprendre la parole, laissant quelques gouttelettes de condensation sur ses lèvres entrouvertes.

"Alors tu es content de ta première journée ?". "Ca peut aller". La réponse était véridique.

Ses muscles s'étaient détendus sous les flashs de Stephen, et il s'était longuement amusé de la maldresse évidente avec laquelle Tom changeait les objectifs des appareils entre deux séries de photos.

Il se sentait enfin dans son élément, après tout, la photographie était un des seuls éléments de sa vie qu'il pouvait prétendre maîtriser.

[...]

Les draps fins glissèrent contre son dos nu, alors qu'il fermait durement les paupières, tentant de trouver le sommeil. Ses pieds frottaient doucement contre la matelas, l'air rafraîchit par la climatisation caressant ses bras maigres et agités.

D'un geste agacé, il finit par se saisir prestement de son I-phone, l'écran tactile lui indiquant qu'il était près de deux heures du matin. Ses tempes étaient douloureuses, son esprit engourdit, et machinalement, il commenca à composer un message pour Enzo.

Lors de ses longues nuits d'insomnie, il avait prit l'habitude d'écrire au jeune homme pour tromper son mal-être, préférant à l'absorption d'un somnifère, la lecture de ses lignes si difficiles à décrypter.

Enzo ne s'en était jamais plaint, se contentant de le rassurer jusqu'à ce qu'il arrive à s'endormir, son portable au creux de la main, un dernier message à demi-tapé sur son écran allumé.

Cela le frappa de plein fouet. Il ne pouvait lui envoyer de message en plein milieu de la nuit. Il n'en avait plus le droit, et tout cela était son oeuvre.

C'était ce qu'il avait voulut, ce qu'il croyait vouloir, encore aujourd'hui.

Voulant chasser le sentiment de malaise qui déjà, s'installait dans le creux de son coeur, il se hâta de trouver un large t-shirt blanc au milieu de sa valise à moitié défaite, le faisait glisser sur ses cheveux décoiffés.

Puis il referma silencieusement la porte de sa suite, laissant derrière lui un lit aux draps défaits.

[...]

Le béton sale demeurait froid sous ses pieds fins alors qu'il gravissait prestement les escaliers de secours de l'établissement hôtelier.

Arrivé au dernier étage, il discerna, à travers la semi obscurité qui régnait dans la cage d'escalier déserte, une porte grise surmontée d'un néon sur lesquel était inscrit "Emergency Exit".

Ses jambes furent prises de tremblements mais il n'hésita pas, poussant la lourde porte dans un dernier effort, ses dents mordillant violement sa lèvre inférieure.

Il laissa alors la brise fraîche frôler ses joues pâles, refroidissant sa bouche humide. Au dessus de lui ne se trouvait que le ciel, rempli d'étoiles qui scintillaient à travers la nuit d'encre.

Seuls quelques buildings lui faisaient face, et il pouvait deviner les bureaux désertés par les travailleurs au sein desquels les seules touches de lumières provenaient des écrans d'ordinateur en veille.

Il s'avanca alors lentement vers le bord de l'immeuble, tendant ses mains frigorifiées en direction des barrières rouillées. Sous ses pieds s'étendait un labyrinthe de rues presques désertes, et un sentiment de puissance se mêla à ce sentiment de solitude qui lui était devenu si famillier.

"Insomnies ?".

Ses doigts se détachèrent brusquement de la barre de fer. Ses pupilles effrayées scrutèrent le reste de la terrasse, qui lui semblait soudain bien plus sombre qu'elle ne le paraissait quelques instants auparavant.

Une silhouette fine se détacha finalement de cet écran noir, s'avancant vers lui d'un pas régulier.

Après quelques secondes de panique, durant lesquelles l'adréaline parcourue rapidement ses veines endormies, Bill reconnu avec soulagement le visage de Tom, faiblement éclairé par les éclairages des ruelles avoisinantes.

Ses longues dreadlocks détachées flottaients sur son dos, et sur ses hanches maigres, glissait un vieux jogging noir.

Il tenait entre ses doigts un paquet de cigarette light, et d'un geste de main, le tendit dans sa direction, un sourire rassurant aux lèvres . "Je préfére les rouler, mais on ne refuse pas un paquet gratuit. Tu fumes ?".

Cherchant à masquer son trouble, le jeune brun répondit d'un hochement de tête, espérant que la nicotine calmerait les battements frénétiques de son coeur. "Merci"

Un léger silence s'installa, et il se contenta d'observer le profil de Tom, mélangeant son souffle au sien et inspirant l'odeur âcre de la fumée qui s'échappaient de leurs deux bouches entrouvertes. "Alors toi aussi tu es .... hum, insomniaque ?".

La question parut surprendre Tom, qui lâcha sa cigarette et l'écrasa contre le sol, la semelle de ses tongs piétinant le goudron. "Moi ? Non. J'aime seulement observer les villes lorsqu'elles sont endormies. Le silence qui y règne n'a pas de prix".

Bill lui renvoya un sourire timide, et pour la première fois depuis des mois, il se contenta de profiter de l'instant qui lui était offert.

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Pas beaucoup de temps, juste le temps de poster ca ç____ç

Hum, bon chapitre un peu bizarre, qui sert peut être pas à grand chose, je ne sais pas encore. J'ai de grandes difficultés pour avoir accès à internet, donc je ne posterais le prochain chapitre que lorsque je serais de retour chez moi, cad vers le 20-21 juillet ^__^

J'espère que vous passez tous de bonnes vacances, pour répondre à une question de pat-style si ma mémoire est bonne, le BAFA est un diplôme qui permet de devenir animateur pour travailler dans un centre de vacances.

Voilà voilà, j'essaie de poster la suite fin juillet, après en août je risque de pas trop trop être là.


Bisous<33
Lucy**

# Posté le dimanche 29 juin 2008 09:02

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:12

Chapitre 9

Chapitre 9

Le temps s'était couvert durant la nuit, et un léger vent s'abattait à présent sur les murs grisâtres des immeubles et autres boutiques du centre ville. A travers la vitre, Bill pouvait voir les touristes frissonner sous leurs T-shirt trop colorés, et un sourire amusé s'inscrivit sur ses traits fins. Sa tête était lourde, et son manque de sommeil commençait à se faire cruellement ressentir. Il n'avait retrouvé la chaleur familière de ses couvertures qu'aux premières lueurs de l'aube, les joues glacées et les pieds endoloris. A cette pensée, son sourire ne s'estompa pas.

[...]

La Land Rover roulait à grande vitesse sur l'autoroute rejoignant Chicago à son aéroport. Le soleil n'était toujours pas réapparu, et ce fut sous un début d'averse qu'elle s'arrêta brutalement devant le bâtiment principal. Les gouttes d'eau s'écrasaient sur l'asphalte, et Bill sortit prestement du véhicule pour aller s'abriter sous le hall presque désert. Derrière lui, l'équipe technique déchargeait le véhicule, et il crut apercevoir une tête blonde sortir du deuxième véhicule qui venait d'arriver.

Il remit machinalement une mèche de cheveux derrière son oreille, soufflant sur ses doigts froids et mouillés, les pupilles braquées sur les grandes portes d'entrée. Quelques instants plus tard, une frêle silhouette les franchit en courant, les mains enfouis dans les poches de son sweat-shirt trop large. Son visage était caché par un capuchon, qu'il rabattit presque immédiatement, balayant le hall du regard, avant de poser ses yeux sur lui. Il lui sourit, et s'avança dans sa direction, laissant quelques traces d'eau derrière lui.

« Hey, Bill ». Bill le salua, se sentant plus proche de cet étrange garçon depuis la nuit dernière. Il avait passé une grande partie de la nuit allongé à coté de lui, à profiter de ce « silence éphémère » comme le disait Tom, bercé par le rythme de sa respiration, calme et régulière. Ils n'avaient pas beaucoup parlé, mais le jeune brun ne s'en était pas formalisé, profitant lui-même de cet instant de sérénité. « Mark vient de me dire que le vol pour Las Vegas risquait d'être retardé. Avis de tempête, apparemment ».

Bill fronça les sourcils, soucieux. Il devait faire une apparition ce soir même, lors d'un repas pour une association caritative. Son planning allait être bouleversé et il détestait cela. A côté de lui, Tom finissait d'attacher ses dreadlocks humides, observant d'un ½il inquiet la formation de véritables rigoles sur le parking. La pluie s'abattait à présent violemment sur les vitres, brouillant l'image du paysage extérieur, et bientôt, elle ne formait plus qu'un mur d'eau vivant sur les portes d'entrées.

« En attendant, je peux t'offrir un café ? Tu as l'air frigorifié ». Bill hocha la tête, son esprit trop accaparé par la crainte d'une éventuelle annulation de ce repas, pour se préoccuper de l'invitation de Tom, dont les joues pourtant fraîches, étaient tentés d'une délicate couleur rosée. Il le suivit donc à travers les couloirs de l'aéroport, et après quelques minutes de déambulation, ils poussèrent la porte d'un café et prirent place au fond de la pièce, sur une petite banquette en cuir vert qui avait sans doute connu des jours meilleurs.

[...]

Bill tenait son gobelet en carton entre ses doigts bagués, laissant une légère odeur de caféine embaumer les alentours de la table à laquelle ils étaient assis. En face de lui, Tom ramassait le sucre qui s'était renversé sur la surface lisse avec la pulpe de son doigt, avant de le porter à sa bouche. Il semblait absent, concentré sur sa tâche, et Bill se racla la gorge pour lui rappeler sa présence. Il n'avait pas l'habitude d'être ainsi ignoré par les hommes qui l'invitaient à boire un verre, même si dans le cas présent, il ne s'agissait que d'un café.

Tom sortit alors de sa torpeur, se redressant brusquement et lui jetant un regard quelque peu affolé. « Hum, excuse-moi ». Son c½ur battait la chamade. Bill ne le savait pas, mais Tom était quelque peu déstabilisé par sa personnalité, et surtout, par son charisme, même s'il tentait de ne pas le montrer. Il ne s'habituait pas au caractère bien trempé du jeune homme, qui pouvait pourtant se montrer si fragile à certains moments.

Mais à cet instant, il ne restait plus rien dans les yeux de Bill, du petit garçon perdu qu'il avait pût apercevoir la nuit dernière. Il ne restait plus qu'un jeune homme déterminé, parfaitement conscient de sa position vis-à-vis des autres, et surtout vis-à-vis de lui. Et Tom n'était pas certain de l'attitude qu'il devait adopter. Une partie de lui refusait de se soumettre au caractère lunatique du brun, tandis qu'une autre partie lui soufflait de faire profil bas, son job d'assistant photographe étant en jeu, au sein de cette petite équipe dont Bill était sans conteste le « chef ».

« Ca fait longtemps que tu travailles pour Lacoste ? ». La question le surprit, mais il ne mit pas longtemps à répondre, posant son menton dans le creux de sa main pour mieux observer le visage poudré de Bill. « Deux mois. En fait, je suis le neveu de Stephen ». Bill écarquilla les yeux, ses longs cils venant frôler ses sourcils parfaitement dessinés. Tom se demanda alors si ils étaient épilés, mais la question lui parût si idiote qu'il n'osa pas la reformuler ne serait-ce qu'une deuxième fois, dans son esprit.

Bill était alors sur le point de lui poser une nouvelle question, lorsque son I-phone vibra violemment contre sa cuisse. Lui lançant un regard d'excuse, il accepta l'appel et murmura quelques paroles rapides à son interlocuteur. Puis il se leva, attrapant son sac d'un geste souple. « L'avion décolle dans une heure, nous devons rejoindre le reste de l'équipe ». Tom ne pût que le suivre, jetant au passage quelques pièces de monnaie sur la table éclaboussée de café froid.

[...]

Quelques heures plus tard, ils arrivèrent dans le hall d'un autre aéroport, en plein désert du Nevada, les jambes engourdies et les yeux collés par le sommeil. Avec un peu plus de deux heures de retard, le programme de la journée était entièrement à revoir, et l'équipe fût directement amené à l'hôtel où elle devait séjourner ces prochains jours, Bill devant se préparer avant le dîner caritatif auquel il devait participer, accompagné d'un partie de l'équipe Lacoste.

Un taxi les attendait, et après avoir récupéré quelques une de ses nombreuses valises, laissant les autres au soin du reste de l'équipe, Bill s'engouffra dans un taxi noir flambant neuf, fuyant le soleil qui inondait à présent les façades des terminaux. A côté de lui, Kate était en train contacter un coiffeur susceptible de se déplacer jusqu'à son hôtel. Bill avait en effet décidé de changer de coupe, et de refaire sa couleur d'un noir jais sombre, pour la soirée qui l'attendait.

Après un peu plus d'une demi heure de trajet à travers les embouteillages du périphérique encombré, le taxi les déposa finalement devant l'hôtel The Mirage. Abaissant ses Rays Bans Wayfarer, il se dirigea vers le hall d'entrée, suivie de près par Kate et Mark. Le talon de ses santiags résonna contre le marbre dont était recouvert l'intégralité du hall, et il remarqua rapidement la présence d'un immense palmier d'une dizaine de mètre de hauteur, qui surplombait le bureau d'accueil.

Impressionné par la richesse du décor qui s'offrait a lui, il se contenta de suivre Kate, qui après avoir récupéré leurs clés, le mena à sa suite qui se trouvait au 16ème étage. Toute l'équipe était logée à la même enseigne, pour cette étape du voyage tout du moins, et même si leurs chambres n'étaient pas parmi les plus luxueuses, elles restaient parmi les plus modernes. Sans attendre, il fit glisser sa carte magnétique, et la porte s'ouvrit en un « pop » sonore.

Esquissant un sourire satisfait à la vue de la baie vitrée qui ornait son salon, il s'avança à travers la pièce, appuyant ses mains sur la vitre chaude. Le soleil commençait à décliner sur les casinos de la ville du péché, et de jolis reflets orangés se reflétaient sur les milliers de fenêtre du palace qui se trouvait en face de lui. Un palace qu'il ne connaissait que trop bien, et dans lequel avait lieu la réception de ce soir : le Bellagio. « Bill, ta coupe sera faite pour 20H. Si il y a un problème préviens moi ».

Bill acquiesça et à peine la porte fut elle refermée, qu'il s'était enfermé dans l'immense salle de bain que renfermait sa suite, sa pièce préférée, assurément. De larges miroirs ornait un pan entier de la salle, et un jacuzzi aux dimensions tout à fait respectable, occupait un angle de la pièce. L'émail blanc et la douce chaleur de la pièce semblaient l'appeler, et quelques instants plus tard, il se glissa avec délice dans le bain bouillonnant, tournant le dos à son reflet aminci qui disparaissait déjà derrière un nuage de buée.

Ses paupières étaient lourdes, et il laissa reposer sa tête contre le bord du jacuzzi, quelques mèches de ses cheveux bruns glissant dans la mousse parfumée. Il somnola ainsi pendant presque une heure, étirant paresseusement ses bras ou ses jambes, battant lentement des pieds pour faire disparaître les dernières bulles de savon. Mais alors qu'il finissait de rincer ses cheveux fraîchement lavés, il entendit qu'on toquait à sa porte de manière répétée.

Etouffant un grognement pour être ainsi dérangé, il s'enveloppa d'un peignoir de bain moelleux, laissant ses cheveux fins et humides glisser sur ses épaules osseuses. Ses pieds nus s'enfonçaient dans la moquette bordeaux épaisse, et c'est avec un dernier soupir, qu'il daigna ouvrir la porte en bois. Mais en apercevant le visage de l'opportun, il ne pût retenir un léger rire, et sa colère s'atténua enfin. Car devant lui, se tenait un Tom essoufflé, entouré de l'intégralité de ses bagages Lancel.

[...]

« Tu joues les grooms, maintenant ? ».

Un sourire goguenard aux lèvres, Bill avait invité Tom à rentrer dans la chambre, le laissant reprendre des forces sur son canapé en cuir blanc. Tom leva les yeux au ciel. « Comme si ça m'amusait ! ». Etouffant de nouveau un petit rire moqueur, Bill s'assit à coté de lui, une bouteille d'eau à la main. « Tiens, ça te feras du bien ». A la vue de l'eau plate, le jeune blond gémit, renversant sa tête contre le dossier du canapé. « Tu n'as pas quelque chose de plus fort, je viens quand même de traverser l'intégralité du couloir, en tirant tes foutus baguages ! ».

Lui lançant une ½illade surprise, il reposa la bouteille sur la table basse en verre. « Non, désolé, pas d'alcool durant tes heures de service ». Stupéfait, Tom ouvrit la bouche, tentant de protester, avant d'apercevoir les yeux rieurs du jeune mannequin. « Je déconne. Attends, je commande du champagne ». En prévision de la soirée ennuyeuse qui s'annonçait pour lui, Bill pensait qu'arriver un peu « joyeux » à la réception ne lui ferait pas de mal.

Quelques minutes plus tard, un groom leur apportait une bouteille fraîche, et bientôt le champagne coulait à flot dans leurs coupes de cristal. Bill riait au éclat, et Tom se sentait lui-même un peu plus léger, et nettement plus à l'aise avec le jeune brun. Il était en train de noter que Bill avait vraiment un joli sourire, lorsque celui-ci l'interrompit. « Tu viens à cette foutue soirée, n'est ce pas ? ». Ses pupilles chocolatées étaient fixées sur lui, uniquement sur lui, et il sembla alors à Tom que l'air de la pièce était bien étouffant.

Une légère goutte de sueur coula le long de sa nuque, et il balbutia. « Non, je ne... je ne suis pas invité ». Bill se mordit la lèvre, détournant les yeux, et Tom se sentit misérable. Bien sûr qu'il n'était pas invité, il n'était qu'un assistant, lien de parenté avec le photographe de l'équipe ou non. Le décalage entre son T-shirt à l'inscription « 100% bio » et la chemise noire signée Ralph Lauren, que Bill avait sortit d'une de ses valises, il avait de cela quelques minutes à peine, lui parut alors flagrant.

Il était celui qui apportait les habits à leurs destinataires, pas celui qui les portait. Jusqu'ici, il n'avait jamais fait attention à cette différence, tirant même une certaine fierté à ne pas jalouser le monde dans lequel vivaient les personnes qu'il photographiait à longueur de journée. Mais pour la première fois depuis qu'il côtoyait ce monde pailletée, il aurait voulut aller à une de ces soirées trop bruyantes, auxquelles il préférait à l'accoutumée des virées entre potes dans les bars du quartier où ils avaient leurs habitudes.

Sortant de ces pensées moroses, il remarqua l'absence notable de Bill, et son souffle se coupa lorsqu'il entendit sa voix résonner juste derrière lui. Se retournant, il l'aperçut, parlant au téléphone, assis sur son lit à la légère couette blanche. Il souriait dans le vide, et après avoir raccroché, renvoya un sourire triomphant à Tom. « Toi aussi, tu viens ce soir. Mark s'est arrangé ». Il se leva alors et sautilla en direction de la salle de bain, tirant sur une des dreadlocks de Tom au passage.

Celui-ci était toujours avachi dans le canapé, réalisant sa situation. Il allait dans cette soirée, avec le reste de l'équipe, et Bill, bien sûr. Et il n'avait strictement rien à se mettre. « Bill !!! ». Celui-ci sortit sa petite tête de l'embrasure de la porte de la salle de bain, et en apercevant le regard teinté de panique de Tom, il comprit aussitôt la situation, et se mordit violemment la langue pour ne pas laisser percevoir son amusement.

[...]

Tom était stressé. Il se sentait à l'étroit dans ses nouveaux vêtements, et ne supportait pas la texture de son chemisier. Il n'avait cependant pas pût refuser l'aide de Bill, à qui il avait catégoriquement refusé l'accès à sa propre valise, n'imaginant que trop bien l'expression affligée que celui-ci aurait prit en apercevant ses nombreux T-shirts décolorés et bariolés d'inscriptions diverses. Il avait donc dût lui emprunter des habits, et il soupçonnait le jeune brun de s'être beaucoup amusé à le relooker de cette façon.

Il avait dût attacher ses dreadlocks en un chignon élaboré, que lui avait fait le coiffeur de Bill, et celui-ci l'avait enfermé dans la salle de bain avec un jean brut très foncé et une chemise blanche Dior, chuchotant derrière la porte qu'il ne le laisserait pas sortir avant qu'il ne soit entièrement prêt. Lorsqu'il était enfin sortit, douché et changé, Bill l'avait inspecté sous toutes les coutures, et lui avait très sérieusement proposé de le maquiller. C'était à ce moment là que Tom était sortit en courant de la suite, laissant derrière lui, Bill et le coiffeur hoqueter de rire.

L'ouverture des portes métallique d'un des nombreux ascenseurs qui se trouvait devant lui, le tira de ses pensées, et il releva machinalement la tête. Il cilla quelques instants, avant de sentir l'entêtante fragrance du parfum de Bill se répandre dans le hall d'entrée. Celui-ci s'avança vers lui, rayonnant, sa chemise noire parfaitement cintrée légèrement ouverte sur son torse imberbe, sur lequel pendait une chaîne en argent massif. Tom remarqua alors ses cheveux lissés, et légèrement plus court qu'auparavant, flotter pardessus ses épaules. Il était stupéfiant.

Le jeune brun attrapa sa main, et le tira vers la sortie, où les attendait un taxi. Le regard de Tom s'attarda alors sur son jean, presque identique au sien. Ils s'assirent sur la banquette arrière, et la voiture les amena rapidement devant la façade illuminée du Bellagio, qui scintillait à travers la nuit chaude et étoilée. Et juste avant d'entrer dans le célèbre établissement, Bill pressa sa main, une fois. Il était avec lui, tout irait bien. Tom sentit son c½ur se réchauffer, et tenta d'essuyer ses mains moites sur son jean, mais déjà, un groom les menait à leur table.

La soirée pouvait commencer.

[...]

La montre de Bill indiquait une heure du matin, et le repas lui semblait déjà bien loin. A leur arrivée, ils avaient rejoint les autres membres de l'équipe, déjà sur place, et il avait pût voir un éclair de surprise traverser les yeux de Kate en les voyant arriver ensemble. Bien sûr de loin, ils paraissaient très proches, et cette pensée lui arracha un sourire. Les plats avaient rapidement défilés et ils se trouvaient à présent sur la piste de danse, la salle adjacente à la pièce où s'était déroulé le repas ayant été transformé en boite de nuit pour clubbers avertis. Et fortunés.

Un verre de vodka à la main, Bill était en pleine conversation avec Stephen et Mark, et cherchait du coin de l'½il la silhouette de Kate. Il voulait danser, toutes ces discussions financières l'ennuyaient profondément. Il avait perdu Tom au milieu de la foule, et il espérait que la soirée se déroulait bien, pour lui aussi. 'Il y a de jolies filles, ce pourrait être sa chance', se dit-il, amusé. Profitant de l'inattention de ses interlocuteurs, il posa rapidement son verre vide au bar, et s'enfonça dans la foule compacte.

Il sentit quelques regards féminins et masculins se poser sur sa silhouette gracile, mais il n'y fit pas attention. Il voulait retrouver Kate, ou Tom. Ou même les deux, mais il retrouva tout d'abord sa chemise Dior. A laquelle s'accrochait désespérément une jeune fille brune, très maquillée. Sa bouche était collée à l'oreille du jeune blond, qui tentait visiblement de la repousser, tenant fermement ses poignets entre ses mains. Lorsque son regard croisa celui de Bill, lui lançant un appel au secours silencieux, celui-ci soupira, avant de se diriger dans leur direction.

« Un problème, Tom ? ». La jeune brune arracha sa bouche glossée du visage de Tom pour dévisager le nouvel arrivant, un sourire mauvais aux lèvres. Bill dérangeait, et elle lui fit très clairement comprendre. Passant outre de son regard noir, le jeune brun attrapa le bras de Tom et le tira vers lui, lançant une dernière phrase assassine à la jeune fille. « Il n'est pas intéressé, c'est assez clair, non ? ». Puis sans un mot de plus, il serra la main de Tom dans la sienne, les entraînant vers les abords de la piste.

[...]

« Elle ne te plaisait donc pas ? ». Etouffant un nouvel éclat de rire, Bill lui tendit un verre de whisky, avant de se pencher vers lui. Ils étaient assis au bar depuis quelques minutes, et Tom se remettait de son expérience désastreuse avec cette fille riche et vulgaire. Ses joues étaient rosies et il but rapidement une gorgée de l'alcool fort, tentant de chasser ce mauvais souvenir. « C'était un vrai pot de colle. Je croyais ne jamais pouvoir m'en débarrasser ».

Le jeune brun lui sourit, lissant sa chemise d'un revers de main. « Tu auras plus de chance la prochaine fois ». Les yeux dans le vague, Tom murmura. « Il n'y aura pas de prochaine fois ». Il replongea son regard dans son verre d'alcool à moitié vide, et se racla la gorge. « Les filles... ne m'intéressent pas ». Bill haussa un sourcil perplexe. « Vraiment ? ». Le blond hocha lentement la tête, avant de croiser le regard pétillant du jeune brun.

« Intéressant ».

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Voilà, je poste avant de repartir, un looong chapitre, j'espère qu'il vous plaira =)

La suite, dès que je peux, mais mon mois d'août est un peu occupé, donc je ne sais pas.

Bonnes vacances à tous ^_____^


Bisous<33
Lucy**


# Posté le dimanche 29 juin 2008 09:04

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:12