Chapitre 10

Chapitre 10

Une ombre se détache sur le mur blanc de la pièce. Une ombre qui oscille à peine lorsque la porte d'entrée claque dans un bruit sec. Bientôt une seconde personne entre dans la pièce, marquant un temps d'arrêt en apercevant la silhouette immobile. Stupéfait il n'ose presque plus respirer, écoutant les battements de son c½ur affolé résonner à travers le silence opaque. Apres quelques secondes suspendues dans le temps, il ose enfin approcher une main tremblante de l'épaule du visiteur.

Celui-ci ne bouge toujours pas, peut être a-t-il trop attendu. Le soleil se couche à l'horizon et à travers les reflets orangés qui se reflètent sur la vitre, il aperçoit un visage familier. Un sourire hésitant se dessine sur ses lèvres charnues, mais il n'arrive toujours pas à atteindre le corps d'Enzo. Peut être à t'il déjà trop hésité. Ils sont à présent si éloignés, et malgré tout ses efforts, ses gestes restent bloqués, la pièce restant figée dans une torpeur tiède.

[...]

Haletant, le front humide, Bill ouvra brutalement les yeux, ses pupilles paniquées cherchant à accrocher un détail familier à travers l'immensité de la pièce, qui lui semblait si impersonnelle. Il ne parvint qu'à poser son regard sur le plafond vouté de sa chambre, avant de s'attarder sur les rideaux pourpres à travers lesquels filtraient déjà quelques rayons lumineux brûlants, témoins de la fournaise qui régnait à l'extérieur.

Après avoir étouffé un soupir, il enfouit sa tête sous les oreilles, évitant la vue de ses bagages à moitié défait, échoués sur la moquette épaisse. La nuit avait été longue. Comme promis, il avait passé une grande partie de la nuit à discuter avec les dirigeants de Lacoste, dont la maison mère venait de s'installer en plein c½ur de Manhattan. De passage dans la ville du péché, ils avaient insisté pour rencontrer le jeune homme qui s'apprêtait à devenir leur nouvelle égérie.

Au petit matin, il avait finalement été autorisé par Mark à quitter la pièce enfumée pour rejoindre sa chambre climatisée. Un rapide coup d'½il à Tom, accoudé au comptoir avec Kate et Stephen, avait suffit à convaincre le jeune blond de rentrer avec lui. Une fois avoir salué leurs amis, ils s'étaient donc dirigés vers la sortie, évitant soigneusement les quelques paparazzis qui erraient encore aux alentours du Bellagio.

A l'intérieur de l'habitacle du taxi, il avait laissé son dos reposer contre le dossier en cuir, respirant à plein poumon l'air frais qui s'engouffrait à travers les fenêtres ouvertes. Sa tête était lourde, les vapeurs de l'alcool engourdissant ses sens à cette heure avancée de la nuit. Il avait alors observé avec curiosité le visage de Tom, dont le regard empreint de malice était toujours dirigé en direction des fontaines vertigineuses de l'hôtel, illuminées sous ce ciel sans nuage.

Ses traits étaient détendus, et il avait semblé parfaitement apaisé, comme si la soirée qu'ils venaient de passer n'avait eu aucune incidence sur son humeur. Bill lui se sentait terriblement las. La voix du DJ et le bruit des éclats de verres semblaient le poursuivre, les sourires remplis d'hypocrisie de ses interlocuteurs ne semblant pas vouloir le quitter. Il avait aimé ce monde pailleté, peut être plus que de raison. Mais à présent, sans la présence rassurante d'Enzo à ses côtés, il se sentait perdre pied.

Et lorsque Tom s'était tourné vers lui, l'enveloppant d'un regard chaud et tendre, il avait crû comprendre. Le jeune homme était un des seuls, au sein de son entourage proche, à oser soutenir son regard, ne détournant jamais les yeux, même quand ses accents de diva tentait de s'imposer, dans une ultime tentative de se protéger. Sa notoriété commençant à peine à franchir l'océan Atlantique, Tom ne se doutait t'il pas encore de l'importance du jeune homme qui se trouvait à quelques centimètres de lui.

Peut être même ne le saurait t'il jamais.

[...]

Après quelques minutes de réflexion supplémentaire, il consentit finalement à repousser les draps fins aux coutures bordeaux, qui recouvraient ses jambes pâles et osseuses. Il n'était pas loin de midi, et un tiraillement familier se faisait sentir au niveau de son estomac. Sans plus attendre, il se dirigea paresseusement vers la salle de bain, bien décidé à profiter de ce merveilleux bain à remous.

Au même moment, dans les cuisines bruyantes de l'hôtel, un jeune homme blond tentait de convaincre un groom de lui laisser monter le chariot contenant le petit déjeuner de la chambre 621, qui venait d'être commandé quelques instants auparavant.

[...]

Un nuage de buée se formait sur les immenses glaces, et bientôt il ne vit plus que ses yeux noirs, qui se détachaient de la surface lisse et froide, tels deux tâches d'encre sombres. Ses cheveux trempés faisaient naître un sillon d'eau tiède qui s'écoulait le long de sa colonne vertébrale, créant une légère chair de poule sur sa peau nue. Malgré l'étouffante température régnant dans la pièce, il tremblait, et ses doigts s'agrippaient violemment au bord du lavabo.

Il s'approcha alors lentement de la glace, défiant du regard l'inconnu dans le miroir. Un inconnu au teint terne, en l'absence de tout artifice et dont les pupilles jadis étincelantes, lui semblait avoir perdu de leur éclat. Tout avait un prix. Peut être avait t'il déjà commencé à payer son dû. Sur cette dernière pensée, il quitta la pièce, laissant les ultimes traces de savon effacer son reflet blessé.

[...]

La baie vitrée entrouverte laissait entrer une chaleur réconfortante, et il extirpa rapidement de ses valises un jean et un T-shirt blanc soigneusement taché de peinture. Mais au moment de s'appliquer une ultime couche de mascara, un coup fut frappé à la porte et quelques secondes plus tard, Tom entra dans la pièce, poussant un chariot argenté d'où se dégageait une forte odeur de caféine.

« Le petit déjeuner est servit ! Bill ? ». Le jeune brun sortit avec étonnement de la salle de bain, haussant un sourcil perplexe devant la vision d'un Tom reconvertit en groom d'étage.

« Je peux savoir ce que tu fais là ? ». Un éclair de panique traversa le regard de Tom, mais sans se départir de son flegme habituel, il haussa simplement les épaules avant de se diriger vers la sortie, laissant le chariot devant le canapé en cuir de la suite. Et même si la remarque de Bill ne semblait pas l'avoir touché, il était intérieurement, profondément agacé par son attitude.

Bill quant à lui ne bougeait toujours pas, observant d'un ½il critique le contenu de son petit déjeuner. Et ce n'est qu'en entendant la porte d'entrée claquer, qu'il prit conscience de sa maladresse. « Bon sang, Tom ». Il retrouva finalement le jeune dreadé dans le couloir, en train de se diriger vers les ascenseurs. Il accéléra alors le pas et coinça la porte métallique avant que celle-ci ne se referme.

Tom esquissa un sourire, amusé par la situation. « Laisse cette porte se refermer ». « Hors de question, c'est toi qui descend ». Le sourire de Tom s'élargit. « Tu n'as pas l'habitude qu'on te refuse quelque chose n'est ce pas ? ». Surpris par la remarque, Bill recula d'un pas, laissant la porte se refermer devant son nez. « Crétin ! ». Excédé par sa défaite, il fit demi-tour en direction de sa chambre, laissant les semelles de ses tongs trainer contre le sol.

[...]

Un quart d'heure plus tard, le chariot argenté était à moitié vide, et un message de Kate était arrivé sur son BlackBerry. La séance photo qui devait être réalisé pour le Elle américain de ce mois-ci, avait été retardé, il avait donc quartier libre jusqu'en fin d'après midi. Des heures de repos qu'il ne savait pas comment occuper, lui qui n'était presque jamais en pause mais toujours sur les routes.

C'est alors qu'en jetant un rapide coup d'½il à travers la fenêtre, il aperçut, au pied du bâtiment et au milieu de palmiers et autres arbres exotiques à la végétation luxuriante, la piscine de l'hôtel. L'eau turquoise scintillait sous la lumière crue du soleil et de nombreux résidents étaient allongés sur des transats multicolores, répartis tout autour du bassin. Il faisait définitivement trop chaud pour rester enfermé toute l'après midi.

[...]

A travers ses lunettes noires, il aperçut alors Kate au téléphone, assise au bar de la piscine. S'asseyant à son tour, il commanda un jus de goyave, et fit un rapide tour des personnes présentes à l'extérieur du bâtiment. De toute évidence, nombreux avaient été ceux qui avaient profité du retard du planning pour profiter du soleil brûlant. A ses côtés, Kate avait mit fin à sa conversation et se tourna vers lui.

« Hey Bill, ca va ? ». Il hocha la tête, et sans un mot, elle sortit de son sac de plage un tube de crème solaire. « Pas de coup de soleil, Mark en boufferait sa casquette ». Le jeune brun étouffa un rire en s'imaginant arriver au photoshoot avec un superbe coup de soleil sur le visage. Mark serait furieux, et cela donnerait du travail supplémentaire à son amie. Il n'en était pas question. . « Pas de problème. Dis-moi, Tom est là ? ».

Tout en sirotant sa boisson, elle lui désigna d'un mouvement de menton, un parasol rouge sous lequel étaient allongés Tom et son oncle. « Ok, merci ».

[...]

Pendant ce temps là, Tom profitait pleinement du soleil, laissant ses rayons brûler sa peau délicatement mordorée. Le bassin tout proche déposait une légère brise sur sa peau chaude et tout en poussant un soupir de bien être, il se retourna sur le dos. Les yeux fermés, il chercha alors à tâtons sa boisson, qu'il avait abandonnée sur la table basse qui se trouvait entre son transat et celui de son voisin.

Mais il fronça rapidement les sourcils, sa main n'attrapant que du vide. Agacé, il allait rouvrir les yeux lorsqu'une voix familière retentit à ses oreilles. « C'est ca que tu cherches ? ». Ouvrant brusquement les yeux, il aperçut alors Bill allongé sur le transat voisin, son précieux verre à la main. « Rend-moi ca ! ». Le jeune brun se tourna sur le coté pour mieux l'observer, une lueur de regret au fond des yeux. « Tu m'en veux toujours ? ».

Il parlait à voix basse, et ses doigts étaient crispés autour du verre qu'il lui tendit, avant de relever ses lunettes de soleil sur le haut de sa tête. « Je ne voulais pas te vexer, mais tu m'as surpris...De toute façon, ma chambre n'est pas un moulin ». Une moue boudeuse avait reprit possession de ses traits, et Tom comprit que c'était sans doute sa manière à lui de s'excuser. « C'est bon Bill. Je te pardonne... si tu me donnes le délicieux jus de goyave que tu tiens dans ton autre main ».

Il éclata alors de rire en apercevant le regard stupéfait de Bill, abasourdit par tant d'audace. Mais ce fut à son tour d'être surpris lorsque celui-ci lui tendit sans broncher son verre, marmonnant qu'il pouvait même le finir, qu'il n'en voulait plus, de toute façon. Tom posa alors les deux verres sur la table basse, avant de se saisir de la main de Bill, l'entrainant vers l'eau.

Après tout, ils auraient bien le temps de boire ensemble, une autre fois.

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Voilà, voilà, la suite fin août, là je pars au bord de la mer <3

Bisous<33
Lucy**

De retour de la playa, avec des coups de soleil en prime, mais bon je ne vais pas me plaindre vu le temps qu'il fait à mon retour >.< Bref, je vais essayer de poster trèèès rapidement la suite, cette fiction doit être finie avant la rentrée, après je n'aurais plus le temps.

Et j'ai encore des idées qui fusent dans ma pauvre cervelle, dont une, tenace, que je vais essayer de mettre en place rapidement. Postage irrégulier en prime, bien sûr.

Merci beaucoup à celles qui commentent, pour répondre à pat-style, moi aussi j'aime des chapitres légers comme ceux-là, je n'ai définitivement pas la tête à une fiction triste, malgrès la pluie qui tombe xD

Je garde mon pessimisme pour ma nouvelle fiction (un jour je m'arrêterais, promis), mais celle-ci sera définitivement bien +++ légère que tout ce que j'ai fait jusqu'ici =)

Bisous<33
Lucy**

# Posté le samedi 16 août 2008 08:47

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:12

Chapitre 11

Chapitre 11

Après une dernière journée à Las Vegas, Bill arriva à San Francisco en fin d'après midi. Le soleil couchant déposait ses ultimes reflets sur l'eau agitée de la baie, et une légère brise ébouriffa ses cheveux lissés à travers la vitre abaissée. En cette fin de journée, de nombreux véhicules les entouraient, les obligeant à traverser le Bay Bridge à une allure fort peu soutenue. Mais qu'importe, il profita du trajet pour somnoler quelques minutes, bercé par le cahotement familier du véhicule.

A l'avant de la Land Rover, Mark était penché sur son ordinateur portable, où défilaient diverses photos des lieux où auraient lieux le photoshoot du lendemain. Refermant les yeux à cette vision, le jeune brun se laissa glisser contre le siège tiède, heurtant par la même occasion le bras de Kate, plongé dans la lecture d'un livre de poche. Balbutiant une excuse, il s'écarta, détournant rapidement ses yeux du visage de la jeune femme. Depuis la veille, un persistant sentiment de malaise la concernant, l'avait assaillit, sans prévenir.

Il se remémorait sans mal de l'interrogation silencieuse qu'il avait pût lire dans ses yeux, lorsqu'il était sortit de la piscine, trempé et le sourire aux lèvres, accompagné de Tom. Ils venaient de passer plus d'une demi-heure à se chamailler dans l'eau turquoise, rapprochant leurs peaux humides et leurs lèvres trempées au grès de leurs mouvements aquatiques. Son maquillage sombre avait coulé, et en tentant d'effacer les sillons sombres qui se créaient sur ses joues, Tom avait récupéré une grande partie du khôl sur ses doigts.

Puis, dans une nouvelle tentative de l'amuser, il avait consciemment étalé le noir sous ses yeux, se dessinant un parfait masque d'indien, avant de lui adresser un sourire ravageur, haussant innocemment un sourcil dans sa direction. Leurs éclats de rire avaient résonné dans l'air sec de l'après midi et l'espace d'un instant, Bill avait crû redevenir un jeune homme comme les autres. Mais la voix de Kate les avait rapidement ramenés à la réalité, et c'est avec regret que Bill avait dût regagner sa chambre pour tenter d'effacer les dégâts causés par cette séance de piscine imprévue.

Au sein de l'espace feutré de la suite, il avait alors dût faire face au regard songeur de Kate, qu'il croisait sans mal à travers la glace alors qu'elle lui appliquait une dernière couche de fond de teint. Ses doigts s'étaient entremêlés sur ses cuisses, et il avait attendu, les yeux baissés, qu'elle juge son travail finit. Et c'est avec un sourire hésitant qu'il l'avait salué avant de refermer la porte, luttant pour ne pas passer une main lasse sur son visage poudré. Il se sentait coupable, et le pire était sans doute que la raison de cette culpabilité ne lui était pas inconnue.

[...]

Le soir tombait déjà sur le centre-ville lorsque leurs voitures se stoppèrent devant l'entrée d'une maison faites de boiseries vertes foncées. L'équipe technique allait loger ici pour toute la durée du séjour mais Bill ne devait rester ici qu'une nuit, un hôtel lui ayant été réservé pour le reste de la semaine. Ils déchargèrent rapidement les nombreuses caisses de matériel, les stockant dans l'entrée spacieuse, dont le sol en bois usé était partiellement recouvert d'anciennes griffures de chat.

Bill se saisit de son sac à main, avant de monter les escaliers recouverts d'une moquette framboise, qui le menèrent à l'étage supérieur. De nombreuses portes entrebâillées entouraient le palier, et à travers l'espace séparant le battant du mur, il pût apercevoir quelques lits aux draps blancs. Il poussa alors timidement une porte, pénétrant dans une des chambres qui possédaient un balcon. Quelques instants plus tard, il était accoudé à la barrière, une cigarette incandescente entre ses doigts vernis.

Et tout en inspirant la fumée goudronnée, il observa la baie de San Francisco s'éclairer sous les lumières des habitations. L'eau semblait être redevenue calme, et la lune parsemait son étendue de quelques tâches de lumière blanche. Un léger frisson parcourut son échine, et fuyant le temps qui s'était rafraîchit, il écrasa sa cigarette contre la rambarde de bois, s'apprêtant à quitter cette chambre qui n'était pas la sienne. C'est alors qu'il entendit la porte claquer, et le bruit sourd d'un sac que l'on pose au sol.

« Tu sais, ma chambre non plus n'est pas un moulin ». Tom. Le jeune homme pût lire de la surprise, mais aussi un soupçon d'inquiétude dans le regard de Bill, qui, visiblement, se demandait quelle attitude adopter. Il mordillait ses lèvres fines, balayant la pièce du regard, cherchant une sortie invisible. Mais sans lui laisser le temps de réfléchir d'avantage, le jeune blond lui donna une petite tape sur la tête. « Eh, déstresse. C'est OK ». Bill hoqueta, retrouvant rapidement sa superbe et fusilla Tom des yeux. « Je ne suis pas stressé ».

Il se dirigea vers la sortie, mais Tom l'intercepta au passage, refermant ses doigts rugueux sur son poignet osseux. « Tu parles, tu es une vraie boule de nerf depuis ce matin. Tu sais que tu me fais limite flipper ? ». Dans l'obscurité de la chambre, Bill pouvait voir les pupilles de Tom briller, son regard étant entièrement dirigé dans sa direction. Son emprise sur son poignet se resserra, et les certitudes du jeune brun vacillèrent. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il trahissait Enzo, d'une manière ou d'une autre, en se rapprochant ainsi de Tom.

« Ne t'occupe pas de moi. Tout va bien ». Il dégagea son poignet, et Tom n'émit aucune résistance, se contentant de le dévisager quelques instants, avant de détourner les yeux. Bill tourna doucement la petite poignée en cuivre, et sans un mot, dévala les escaliers, laissant Tom immobile au centre de la pièce.


[...]

La nuit était déjà bien avancée lorsqu'à travers les parois fines de sa chambre, Bill entendit des éclats de rire provenir du salon. Il pensa que l'équipe technique avait dût s'y réunir, et se blottit encore plus confortablement sous les couvertures. Les rideaux étaient tirés, la seule source de lumière provenant de l'écran allumé de son ordinateur portable. Après s'être éclipsé de la salle à manger, laissant son assiette à moitié pleine sur la table en verre, il s'était réfugié avec hâte dans la minuscule pièce, calant sa tête entre les coussins moelleux.

Sur l'écran, défilait son film préféré, mais cela faisait bien longtemps que son attention n'était plus accaparé par l'épopée funeste des deux héros. Il posait un regard vide sur le plafond blanc, clignant rapidement des yeux, ses pensées se dirigeant comme à leur habitude sur un jeune homme aux cheveux sombres. Il se demandait souvent dans quel état d'esprit se trouvait Enzo, depuis son départ. Il aurait voulu mettre un terme à cette situation, entendre de nouveau sa voix chaude au téléphone, mais pour l'instant, il savait que cela lui était impossible.

Poussant un dernier soupir, il s'apprêtait à refermer son ordinateur lorsqu'il se rendit compte que l'icône de sa messagerie clignotait furieusement dans le noir. Les yeux lourds, il cliqua sur l'icône et frotta ses paupières avant d'ouvrir machinalement son nouveau message. Quelques mots s'affichèrent et son c½ur battit un peu plus fort. « Je pense que cela t'intéressera ;-) Ne te sens pas coupable. Kate ». Avec une certaine appréhension, il ouvrit le fichier joint, et une photo s'afficha immédiatement sur l'écran.

Une photo prise la veille, au bord de la piscine de leur hôtel. Tom et lui en train de s'amuser dans l'eau, les pommettes rougies, et un sourire idiot aux lèvres. Il ne pouvait plus le nier, son bonheur, cristallisé par ce cliché amateur, était évident. 'Je peux donc être heureux sans lui'. Cette pensée le rendit amère et le força à remettre en question les sentiments qu'il pensait ressentir pour le jeune japonais. Il se sentait déstabilisé et une boule se forma rapidement au fond de sa gorge. Les derniers mots de Kate, lui revinrent alors en mémoire.

'Ne te sens pas coupable'. Ses lèvres tremblèrent, et il se roula en boule contre le matelas, serrant son oreiller entre ses bras, ses doigts s'enfonçant dans la taie vert pomme alors qu'il tentait maladroitement de retenir ses sanglots.

[...]

Lorsqu'il se réveilla, la gorge sèche et les yeux rouges, il n'était qu'une heure du matin. La maison était silencieuse, et il ne prit pas la peine d'enfiler un bas de survêtement, avant de se diriger vers la cuisine, ses jambes engourdies l'obligeant à marcher à petit pas. Le bruit de l'eau coulant dans l'évier en métal le tira finalement de son demi-sommeil, et dans un flash, il revit le cliché qui se trouvait encore dans sa messagerie. Une grimace étira ses traits, et il tenta d'effacer ce souvenir, se concentrant sur le ronronnement du réfrigérateur.

Mais en quittant de la pièce, il vit la porte d'entrée s'ouvrir, laissant un vent frais pénétrer dans le hall d'entrée. Dans l'encadrement de la porte, se tenait Tom, le regard baissé et un étui de guitare sur le dos. Bill écarquilla les yeux, retenant son souffle, alors que Tom, qui ne l'avait toujours pas vu, lui tournait le dos pour mieux refermer la porte derrière lui. Il se dirigea ensuite vers les escaliers, mais au moment de poser son pied sur la première marche grinçante, il prit conscience de la présence de Bill à moitié dénudé dans le hall d'entrée.

Ils s'observèrent quelques secondes et Bill rougit. Tom quant à lui, ne pouvait détacher ses yeux de ses jambes si fines et de ses épaules maigres, qu'il devinait sans peine sous son large T-shirt bleu pâle. Mais en reposant ses yeux sur son visage, il remarqua ses yeux rougis et son c½ur se serra. Il lui paraissait si frêle et si faible, perdu au milieu de cette entrée austère. Il posa alors précautionneusement sa guitare dans les escaliers et s'approcha lentement de lui.

Il le devinait déconnecté de la réalité, et c'est avec beaucoup de douceur qu'il frôla sa joue de ses doigts, tentant de retenir son attention. « Eh, Billy... ». Le jeune brun ferma les yeux, sa joue s'appuyant légèrement contre les doigts rêches de Tom. « Tu es fatigué ? ». Bill hocha la tête et ouvrit les paupières, ses prunelles noisette tentant d'accrocher le regard de Tom, une question muette se reflétant au fond de son iris. « Allez, viens ». Il s'agrippa à la main de Tom, et le suivit dans le salon, le sang battant violemment dans ses tempes.

[...]

Les lumières tamisées de la pièce éclairaient son corps pâle d'une douce lueur, et Tom se contenta d'allumer la télévision, baissant le son tout en surveillant Bill, blottit tout contre lui. Celui-ci somnolait, sa tête posée sur son épaule, la main sur son genou. Les images défilaient, mais Tom n'arrivait pas à détourner son attention de ses cheveux sombres, et de sa bouche entrouverte dont s'échappait un léger souffle au fur et à mesure de sa respiration.

Il esquissa alors un sourire, fredonnant l'air de la chanson dont le clip passait au moment même à la télévision :
« Your skin,
Oh yeah, your skin and bones,
Turn into something beautiful,
You know, you know I love you so,
You know I love you so... »

_______________________________________________

Postage express =)

Bref, la suite bientôt, je veux finir cette fiction +++ rapidement !

Bisous<3 et merci pour vos commentaires ^__^
Lucy**

PS: Je suis sûre que vous connaissez la chanson hein ?


Juste, pour répondre à Takara, merci beaucoup pour ton message, je suis contente de voir qu'il reste des adeptes du monde des bisounours lol ^___^ Je ne suis pas une fana de violence en règle général, j'essaie donc de rester dans un univers assez "calme", même si comme tu le dis cela peut paraître un peu guimauve xD
Mais bon, je vais normalement me frotter à un style un peu plus radical dans mes prochains écrits, si tout va bien, même si je ne pourrais jamais vraiment tomber dans le angst =) Encore merci, et à bientôt ! <33

# Posté le lundi 25 août 2008 15:10

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:13

Chapitre 12

Chapitre 12

Kate et le reste de l'équipe étaient déjà attablés devant leurs petit déjeuner lorsque Bill posa un premier pas hésitant sur la moquette de sa chambre. Et d'après les quelques chiffres inscrits sur son portable, la matinée était déjà bien avancée. Grognant, il repoussa prestement ses couvertures et tituba jusqu'à la porte à demi fermée. Mais en passant une main crispée dans ses cheveux quelque peu décoiffés, les événements de la veille, le submergèrent de nouveau.

Les images étaient floues. Il se souvenait uniquement d'avoir posé sa tête sur l'épaule de Tom, dans l'espoir de retrouver son calme et de calmer les battements furieux de son c½ur. Après tout était sombre, jusqu'à ce matin. Jetant un regard furtif à son lit à demi défait, son ventre se tordit. Il n'était sûrement pas arrivé dans cette chambre tout seul. Et il ne voyait qu'une personne capable de l'avoir porter, à demi inconscient, jusqu'à cette pièce, en plein milieu de la nuit.

[...]

L'eau brûlante de la douche s'abattait sur ses épaules douloureuses et exposant son visage aux fines gouttes, il laissa échapper un soupir tremblant. Son regard vide se posa sur les murs carrelés de la cabine et dans un geste incontrôlé, il enfonça brutalement ses ongles dans la paume de sa main. Il pouvait sentir la douleur mais il ne pouvait toujours pas se souvenir et intérieurement, il hurlait de frustration. Son esprit embrumé refusant toujours de lui restituer ses souvenirs.

[...]

Un bol de lait froid posé devant lui, Bill tourna sans conviction la petite cuillère argentée, qui tinta contre la porcelaine dans un bruit de métal froissé. La cuisine était déserte, l'équipe étant partie faire du repérage un peu plus tôt dans la matinée. Il fronça les sourcils et tenta une nouvelle fois de comprendre ce qui lui avait bien pût lui échapper, en vain. Repoussant le bol qu'il n'avait presque pas touché, il se leva et s'avança vers la véranda attenante à la pièce.

Le soleil réchauffait le gazon fraîchement coupé du jardin, et de nombreux promeneurs avaient déjà prit possession des chemins longeant la baie. Leurs vies semblaient si simples. Il ferma les paupières, respirant l'odeur de café qui régnait encore dans la pièce. C'est alors qu'un bruit venant de la cuisine lui parvint, et dans un sursaut, il aperçut Tom, penché devant le réfrigérateur ouvert. Ses dreadlocks étaient attachés et son T-shirt humide lui collait à la peau.

« Salut, Tom ». L'interpellé se retourna, et lui sourit, posant une bouteille de coca cola glacée au bord de l'évier. « Alors enfin réveillé ? ». « Hum, comme tu vois. Tu ne travailles pas, aujourd'hui ? ». Tom se racla la gorge, essuyant les quelques gouttes de sueur qui coulait le long de son cou, d'un geste de la main. « Si. C'est à moi de t'emmener sur place. Tu ne te levais pas, j'en ai profité pour faire un jogging ». « Oh... ». La pièce redevint silencieuse et tout en évitant soigneusement son regard, Bill attrapa la bouteille et sortit sur le perron.

[...]

La Land Rover roulait à vive allure, dans les rues ensoleillées de San Francisco. Les mains crispées sur le volant, Tom lançait de fréquents regards dans le rétroviseur, observant le jeune homme brun assis sur la banquette arrière. Dès son entrée dans le véhicule, Bill avait glissé ses lunettes sur son nez, tournant son visage vers la vitre, observant d'un air absent le paysage défiler. Il semblait à fleur de peau et Tom était bien placé pour savoir à quel point sa nuit avait été agitée.

Après s'être appuyé sur son épaule, Bill avait rapidement sombré dans un profond sommeil, sa respiration régulière berçant peu à peu Tom, lui-même plongé dans des pensées décousues. Mais les minutes passant, ses bras avaient commencés à trembler, sa bouche murmurant des paroles incohérentes. Il semblait se débattre avec son inconscient, dans des rêves où Tom ne pouvait pas intervenir. Celui-ci s'était donc contenté de caresser son visage contracté dans un geste rassurant, espérant seulement qu'il se réveille rapidement.

Les minutes avaient ainsi défilés, et tout en essayant de deviner ce qui pouvait peupler les songes torturés du jeune homme, Tom avait accentué ses caresses, lui murmurant quelques mots au creux de l'oreille. Peu à peu, ses traits s'étaient détendus et Tom avait jugé préférable de le ramener à sa chambre. A présent, des questions muettes lui brûlaient les lèvres, même si au fond de lui, il savait qu'il n'oserait jamais le questionner sur ses tourments secrets.

[...]

Assis en terrasse d'un restaurant, Bill écrasa sa huitième cigarette de la journée avant de reporter son attention sur son assiette fraîcheur. Il piqua dans une tomate cerise sans grande conviction, la posant délicatement à coté du petit monticule de carottes râpées. Tout ceci était bien présenté, mais rien n'y faisait, son estomac restait obstinément contracté. Poussant un nouveau soupir, il reposa ses couverts et sortit une nouvelle cigarette de son paquet malmené.

En face de lui, Kate picorait quelques grains de maïs bien trop jaunes pour être honnêtes, posant à quelques reprises ses lèvres sur son verre d'eau gazeuse. Elle observait d'un ½il inquiet le manque d'appétit récurrent du jeune homme, qui venait de reposer sa fourchette en signe d'abdiquation. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne l'avait plus vu finir une assiette de son plein gré. Elle ouvrit la bouche, s'apprêtant à lui en faire la remarque, lorsqu'il la coupa. « Au fait, merci pour la photo ».

Les mots mourirent sur ses lèvres et elle ne pût qu'acquiescer avec une moue gênée. Elle avait envoyé ce cliché sur un coup de tête, essayant de dédramatiser la situation après avoir vu la nervosité dont faisait preuve le jeune brun depuis ce fameux après-midi. « De rien, vous étiez... si mignons sur cette photo, tout les deux ». Une légère teinte pourpre s'empara des joues de Bill et celui-ci toussa pour cacher son malaise. Même si une question subsistait. « Mignons... ensemble ? ».

Il lui lança un regard hésitant et se mordit les joues, les quelques mots lui ayant échappé sans qu'il puisse les retenir. Déjà, il les regrettait. Mais la réponse franche de la jeune femme finit par mettre fin à cette situation embarrassante. « Oui, très mignons, si tu veux mon avis ».

[...]

Le soleil déjà, disparaissait du ciel bleu qui surplombait la ville, lorsque les voitures de l'équipe se garèrent devant la maison qu'il occupaient depuis quatre jours à présent. Bill avait finalement refusé de rejoindre son hôtel et avait prit la décision de rester vivre, ici, avec eux. Mark avait semblé dubitatif mais n'avait pas remit en question sa décision, lui assurant seulement qu'une chambre d'hôtel serait toujours disponible pour lui, si jamais il changeait d'avis.

Cependant jusqu'ici, Bill n'avait pas faillit, acceptant sans broncher de partager une salle de bain avec Kate, allant même jusqu'à participer à certaines soirées de l'équipe, comme aujourd'hui. Quelques personnes s'occupaient du grill, installé au fond du jardin tandis que Tom et Stephen étaient en train de mettre la table, disposant les assiettes en carton autour de la table de jardin. Bill confortablement assis dans un siège en osier de la véranda, regardait tout ce petit monde s'activer, lorsque une main fine se posa brutalement sur son épaule.

« Bill, ne fais pas le difficile ». Le jeune brun haussa les épaules, délogeant prestement les doigts de Kate, dont les ongles s'enfonçaient délicatement dans son cou. « Mais ils se débrouillent parfaitement sans moi ». Esquissant un sourire moqueur, il désigna Tom, en pleine discussion avec un autre technicien de leur équipe, qui venait de lui apporter un verre de soda. « Oh, je vois ». Elle étouffa un petit rire et se dirigea d'un pas vif vers le grill, d'où s'échappait une fumée âcre.

Mais en passant devant Tom, elle lui glissa rapidement quelques mots à l'oreille, tout en jetant un regard complice à Bill, dont les joues prirent une jolie couleur rosée. Il allait, décida t'il, tuer Kate, qui se mêlait manifestement de ce qui ne la regardait pas. Mais avant qu'il eu le temps de décider quel sort réserver à son amie, il vit Tom s'avancer vers lui, ses prunelles noisettes brillant étrangement sous la lumières des quelques torches qui avaient été allumés dans le jardin.

« Tu as faim ? ». Il tenait dans ses mains deux assiettes contenant des grillades et quelques pommes de terres grillées et le regardait intensément, bien qu'appréhendant quelque peu sa réaction. Bill esquissa alors un sourire, ne pouvant s'empêcher d'être touché par son attention. Bien sûr, il n'avait pas vraiment d'appétit, mais qu'importe, si cela pouvait faire plaisir à Tom, il était prêt à faire quelques sacrifices. Balbutiant un faible 'merci', il se saisit de l'assiette, attendant que Tom se soit assit à ses côtés pour commencer à grignoter.

[...]

Une assiette vide à ses pieds, Tom continuait de raconter des anecdotes sur les quelques photoshoots qu'il avait déjà eu l'occasion d'effectuer à l'étranger, sentant son pouls s'accélérer en apercevant une lueur d'admiration dans les yeux de Bill. Pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, Tom avait l'impression de pouvoir lui apporter quelque chose, à lui qui possédait déjà tout. Bien sûr tout cela était illusoire, il ne s'agissait que de quelques paroles volées mais le silence respectueux du jeune brun, valait bien tous les récits du monde.

La nuit les avaient peu à peu enveloppés dans son écrin sombre et lorsque Bill s'en aperçût, il ne pût s'empêcher de ressentir une étrange mélancolie. Il leva les yeux au ciel et contempla quelques instants les étoiles qui y brillaient, se rappelant combien Tom aimait les observer. Il osa alors lui poser la question qui le tourmentait depuis la veille. « Dis Tom, tu étais où hier soir ? ». Il sentit Tom se tendre, mais rapidement les muscles du blond se relâchèrent, lorsqu'il comprit que le ton de Bill n'était pas accusateur, mais remplit de curiosité.

Cependant, il hésita un instant. Ce qu'il faisait n'était pas un secret à proprement parler, il s'agissait juste d'une partie de lui-même qu'il préférait garder caché, de peur de voir la magie qui l'entourait, disparaître. Peu de personnes étaient au courant et encore moins le comprenait vraiment. Mais dans les pupilles de Bill, il vit l'innocence et il comprit que devant lui, le jeune brun acceptait de laisser transparaître l'enfant qu'il avait été, mais à qui il avait dût dire adieu bien trop tôt.

Tom décida alors de lui faire confiance. Il le fallait, pour eux, et pour cette amitié qui tout doucement grandissait, dans son c½ur un peu trop grand, et dans ses sentiments, qui devenaient chaque jour un peu plus tourmentés.

« Tu sais Bill, je joue de la guitare, et hier.... Hier je me produisais devant un public, mon public ».

_______________________________________________________________

On avance, on avance =)

Je sais que cette fiction comportera 17 ou 18 chapitres ^^

A très vite pour la suite, merci à celles qui commentent <3

Bisous<33
Lucy**


La suite demain ou ce week end au plus tard, j'ai eu le temps de cogiter durant mes 8h30 d'attente devant et dans la halle tony garnier =)

PS: Yellow en vrai, c'est mieux. Et ce n'est pas Chris Martin le plus hot du groupe,oh non non *sourire niais*

# Posté le jeudi 28 août 2008 19:48

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:13

Chapitre 13

Chapitre 13

C'est alors que ses souvenirs perdus lui revinrent, et il revit l'étui noir que Tom portait sur son dos lorsqu'il avait ouvert la porte, éclairant le couloir sombre de l'entrée. « Mais...depuis longtemps ? ». Le sourire de Tom s'accentua, et il humidifia ses lèvres sèches, laissant sa langue glisser sur le métal de son piercing. « Très longtemps. Et cette campagne est une vraie chance pour moi. Autant de villes en si peu de temps, c'est juste... incroyable ».

Bill acquiesça, cherchant à réaliser l'étendue de ce que lui avait caché Tom. De toute évidence, sa place n'était pas derrière un appareil photo, même s'il semblait s'en accommoder sans mal, la plupart du temps. « Mais pourquoi avoir accepté d'entrer dans cette équipe ? ». Il vit les épaules de Tom se soulever dans un geste désinvolte, ses dreadlocks glissant dans son dos. « J'ai pas mal galéré avec ma guitare, alors quand mon oncle m'a proposé ce job, il y a environ un an...je ne pouvais pas refuser ».

Ses paroles étaient teintées d'une pointe d'amertume, et il détourna les yeux vers le ciel sombre. « Mais un jour, peut être... ». Le ventre de Bill se noua et il posa sa main sur celle du jeune blond, avant de la serrer dans la sienne. « Un jour, sans doute ». Le sourire qui s'étala alors sur les lèvres de Tom lui réchauffa le c½ur.

[...]

A travers les baies vitrées de l'aéroport se dessinaient le tarmac brûlant et les lignes blanches des pistes d'atterrissage. Son sac à main sur l'épaule, Bill marchait prestement vers la sortie, ses pas résonnant contre le carrelage du couloir surpeuplé par les touristes. Il laissa échapper une quinte de toux, et maudit la climatisation de l'avion, responsable selon lui, de sa gorge irrité. Lançant un regard oblique à Tom, il lui demanda à mi-voix de lui apporter une bouteille d'eau minéralisée, et suivit Mark qui se dirigeait vers leur taxi, garé en double file.

Depuis la veille, il se répétait inlassablement les quelques paroles du guitariste et ne pouvait s'empêcher de l'imaginer, penché sur sa guitare, un médiator entre les doigts. Jusqu'à présent, il ne connaissait le monde de la musique qu'à travers les chaînes musicales des hôtels dans lesquels il logeait et la passion de Tom l'intriguait au plus haut point. Mais son ultime photoshoot avant leur départ pour Los Angeles, lui ôté tout possibilité de ré-aborder le sujet avec le jeune homme, bien trop occupé à tenter de boucler ses valises éventrées.

La porte de son taxi allait se refermer lorsqu'il vit une main retenir la portière pour déposer une petite bouteille d'Evian sur la banquette arrière. Puis après lui avoir adressé un sourire hésitant, Tom laissa le véhicule quitter son emplacement, adressant un léger signe de tête au chauffeur. Bill se retourna et posa sa main sur la vitre, ses doigts glissant légèrement alors que le véhicule prenait de la vitesse. Mais avant que le jeune blond ne disparaisse de son champ de vision, il crût le voir déposer un étui de guitare au milieu de ses propres valises Lancel.

[...]

L'après-midi touchait à sa fin lorsque le taxi s'arrêta devant un motel anonyme, aux murs sombres et mal repeints. Quelques voitures poussiéreuses étaient garées sur le vaste parking parsemé de pierres rougeâtres, déposant leurs ombres sur le sable encore chaud. Bill posa un premier pas à terre, et interrogea rapidement Mark, sur ce visible changement de programme. Son ton était acerbe, sa gorge douloureuse et sa journée passée sur les routes, ayant mit sa patience à rude épreuve.

Mal à l'aise, Mark balbutia que l'hôtel qui aurait dût les accueillir, n'avait semble t'il, pas enregistré leurs réservations. Les autres hôtels susceptibles de les accueillir en cette période touristique semblant être pris d'assaut, ils avaient dû réserver quelques chambres supplémentaire dans ce motel, où logeait déjà l'équipe technique. Bill poussa un soupir, et après décoché un nouveau regard noir à son agent, il se saisit de son sac et se dirigea vers la réception, indiqué par un panneau à la peinture défraîchie.

A l'intérieur de la pièce, une jeune fille accoudé au comptoir, était en pleine lecture d'un magazine quelconque, balançant sa tête au rythme des chansons qui émanaient de la radio en sourdine, et il se surprit à apprécier la brise émanant du ventilateur qui se trouvait à gauche de la porte d'entrée. Le claquement sonore d'une bulle de chewing-gum le sortit de ses pensées, et il entendit la jeune fille appeler bruyamment sa mère, avant de reporter son attention sur les pages de papier glacé, sans un regard pour ses cheveux emplis de laque.

Quelques minutes plus tard, au terme d'une laborieuse conversation avec la gestionnaire de l'établissement, il s'arrêta fièrement sur le pas de la porte, une clé rouillée au fond de la poche. Sa quinte de toux était toujours aussi intense et il se dirigea vers le distributeur de boisson fraîche, qui se trouvait devant les escaliers menant au premier étage. Le regard fixé sur le béton ensablé, il aperçut alors une paire de chaussures blanches immobiles, quelques millièmes de secondes avant de buter contre un corps mou.

« Eh, lève un peu la tête Billy ! ». Massant son épaule douloureuse, Tom lui faisait face, un sac en toile à ses pieds. Derrière lui, Bill vit le 4x4 de l'équipe technique et le coffre du véhicule ouvert, autour duquel s'affairaient les techniciens venus récupérer leurs affaires. Il reporta alors son attention sur le visage légèrement crispé de Tom, qui avait hissé son sac sur son épaule et remonté ses lunettes de soleil sur le haut de sa tête. « Excuse-moi. Je suis un peu fatigué ».

Ses yeux étaient lourds, et il ne pût qu'émettre un faible toussotement en signe de bonne foi. Tom fronça les sourcils en entendant Bill se racler une nouvelle fois la gorge. « Ne bouge pas, je reviens ». Bill le vit alors se diriger vers un autre membre de l'équipe, qui après quelques minutes de discussion lui tendit une petite boite blanche, avant de poursuivre son chemin. Tom revint alors vers lui, agrippa sa main, et y déposa une petite plaquette de pastille rose bonbon. « Tiens, pour ta gorge. Et maintenant, file te reposer ».

Son regard semblait soucieux, et il ébouriffa tendrement ses cheveux ébène, attardant sa main rêche sur sa joue. « Bonne nuit, Bill ». La bouche entrouverte, Bill ne le quitta pas des yeux, profitant de la caresse aérienne, avant de refermer lentement ses doigts sur sa main brûlante. « Merci ». Une légère rougeur monta aux pommettes du jeune blond, qui déposa un rapide baiser sur sa joue, avant de monter prestement les escaliers, le bruit mat de ses chaussures contre le bois usé, résonnant aux oreilles de Bill comme le plus douce des mélodies.

[...]

Le lendemain, après un photoshoot sous un soleil de plomb, en plein c½ur de la citée des Anges, Bill pût enfin profiter de la plage californienne. Pour compenser l'inconfort de sa chambre d'hôtel, Mark lui avait proposé de louer quelques transats sur une plage privée, réputée pour son calme et la discrétion de ses employés. Bill accepta, à condition que Kate et Tom l'accompagnent. C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent tout les trois, allongés à l'ombre des parasols, leurs pieds s'enfonçant avec délice sous le sable fin.

Une pastille sur le bout de la langue, Bill tout habillé de noir, était tournée vers Tom, qui sous ses lunettes de soleil, fixait l'horizon. Son torse dénudé se soulevait au rythme de sa respiration, et il sentait le regard du jeune brun s'attarder sur les courbes fermes de son corps. Cette idée lui plaisait plus qu'il n'osait se l'avouer, et il s'amusa à contracter ses abdominaux, poussant un léger soupir de bien être. Les joues de Bill s'enflammèrent et il se détourna de Tom pour héler un serveur, à qui il passa commande de leurs déjeuners.

Quelques minutes plus tard, on leur apporta de petits lunches bag, et tout en piochant dans sa salade composée, Bill observait du coin de l'½il, Tom mordre allégrement dans son hamburger. Ses dreadlocks attachés en chignon laissait sa nuque découverte, et un léger coup de soleil commençait à se former sur sa peau délicate. Retenant un sourire moqueur, il but une gorgée de son cocktail et remonta le bas de son pantalon, avant de se lever pour tendre une main en direction du jeune blond, en pleine mastication.

Tom lui lança un regard interrogateur. « Quoi ? ». Bill leva les yeux au ciel et soupira : « Tu viens tremper tes pieds dans l'eau avec moi ? ». Devant le manque de réaction du blond, il ajouta : « Il faut bien te dépenser, après toutes les calories que tu viens d'ingurgiter ! ». Estomaqué par son aplomb, Tom le dévisagea quelques secondes, avant de plonger sa main dans son sac, pour brandir fièrement une canette de coca light dans sa direction. « Et ça, c'est pas une boisson allégé, peut être ? ».

Le jeune brun se mordilla la lèvre, lui lançant un regard implorant. « Allez Tom, sois sympa ! ». Hochant négativement de la tête, Tom reporta son attention sur ses frites graisseuses, provoquant volontairement le jeune brun, en les dégustant le plus lentement possible. « Mmh, délicieuses ! Vraiment Bill, tu devrais essayer ! ». Le jeune homme esquissa une moue de dégoût. « Tom. S'il te plaît ! ». Le jeune blond consentit alors à relever la tête, fixant Bill d'un air sournois.

« Ok. Je viens à la plage... ». Un air suffisant s'inscrivit sur le visage du brun, qui commença à prendre la direction du bord de mer, lorsque Tom acheva sa phrase. « Si tu mange une de ces frites si caloriques ». Il vit Bill se stopper, avant de retourner, une main sur la hanche et le regard furibond. « Hors de question ! ». Tom se rallongea alors confortablement dans son transat, fermant les yeux et appuyant son dos contre la serviette de bain moelleuse.

Plusieurs secondes passèrent ainsi, avant qu'il ne sente une silhouette le surplomber. Il ne pût réprimer un sourire et ôta ses lunettes noires pour voir Bill le dévisager avec lassitude. « Où sont tes foutus frites ? ». Il lui indiqua d'un signe de tête son petit paquet, et se rassit pour savourer sa victoire. « En plus elles sont froides, maintenant. Merci, Tom ». Bill saisit alors la plus petite frite qu'il pût trouver, et la porta à sa bouche en fermant violemment les yeux.

Ses petites dents blanches légèrement tordues se refermèrent sur le bout de pomme de terre, et il déglutit difficilement. Tom le trouvait tout simplement adorable. Mais ce fut à son tour de déglutir lorsque les pupilles noires de colère du jeune homme se posèrent sur lui. « Tu me le revaudras, Tom ».

Faisant fi de ses menaces, il se contenta de lui prendre la main pour l'entraîner vers les marées d'écumes, sous le regard attendrie de Kate et des promeneurs de passage.

_____________________________________________________________

Voilà, bon certaines photos récentes m'ont fait dévier de mon idée initiale *tousse*

Le chapitre 14 est en cours d'écriture. Je pense boucler cette fiction d'ici la fin de la semaine. Une semaine supplémentaire tout au plus.

Bisous<33
Lucy**


Malade. Je vais essayer d'écrire mais rien de sûr, ca m'embête un peu, je voulais vraiment finir cette fic ce week end. Bisous<3


# Posté le mardi 09 septembre 2008 09:19

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:13

Chapitre 14

Chapitre 14

Le ciel se couvrait lorsque Bill posa ses bagages sur la moquette épaisse d'un hôtel quatre étoile de Houston. A travers la fenêtre, il pouvait apercevoir les feuilles des quelques arbres qui longeaient la route, trembler sous l'action du vent, qui devenait à chaque minute, un peu plus violent. Quelques passant sortaient craintivement leurs parapluies, levant la tête vers les nuages grisâtres qui obscurcissaient déjà l'horizon. Il s'éloigna lentement de la fenêtre et s'allongea sur son lit king size.

Après cette longue semaine passée dans ce miteux motel de Los Angeles, il appréciait plus que jamais la douceur des draps et le confort des coussins en soie de sa suite. Mais en cette journée off, il devait admettre que l'ennui le gagnait, et il se plongea rapidement dans une torpeur tiède, qui l'incita à fermer les paupières et à se laisser porter par la douce mélodie émanant de ses écouteurs. Ses longs cils effleurèrent ses joues creuses, et il sentit le sommeil l'envahir.

Dehors, la pluie s'abattait à présent violement contre le bitume, et sur les trottoirs prit d'assaut, on pouvait voir la population défiler à un rythme effréné, cherchant à rejoindre leurs destinations en slalomant entre les flaques d'eau et les bouches d'égouts.

[...]

Lorsqu'il se réveilla, l'après midi touchait à sa fin et la tempête semblait avoir prit fin, laissant l'herbe trempée et les fleurs gorgées d'eau, sous les quelques rayons de soleil inondant les pavés. Il massa quelques minutes sa nuque douloureuse, passant une main lasse sur son front moite. Il n'était que 16h, il lui restait donc encore quelques heures à occuper avant le dîner. Il pianota rapidement quelques chiffres sur son portable, étouffant un rire en entendant son interlocuteur lui répondre d'une voix ensommeillée.

[...]

Une demi-heure plus tard, quelques coups discrets furent frappés à la porte boisée de sa suite. Debout devant le miroir de la salle de bain, Bill tentait de fermer l'attache de son collier en argent, et lui cria d'entrer, les quelques syllabes résonnant dans l'acoustique parfaite de la pièce. Il pencha un peu plus la tête, ses ongles griffant malencontreusement son cou humide, mais le collier tomba dans le lavabo, les lourds maillons tintant bruyamment contre l'émail. C'est alors qu'il aperçut la silhouette de Tom se détacher à travers la glace embuée.

« Hey, Bill ». L'air contrarié de Bill s'atténua, et il lui adressa un petit signe de tête, reposant le collier dans sa boîte. Puis il se saisit d'un petit pot de crème beige estampillé « Anti-cernes », et appliqua méticuleusement la substance molle sous ses petits yeux fatigués, tout en jetant de fréquent coup d'½il au jeune blond, qui n'avait toujours pas bougé, croisant ses bras sur son torse, habitué depuis longtemps à ses fréquentes retouches maquillage.

Cependant, le sourire narquois qui s'étalait à présent sur son visage, ne lui cachait en rien son avis sur la question. Comme à l'accoutumée, Bill se contenta donc de l'ignorer, refermant promptement le petit tube, tout en retenant une réplique cinglante à la vue du propre air épuisé du jeune blond. Puis il quitta la pièce, non sans avoir tiré sur le polo blanc de Tom en signe de représailles. Il n'était pas du genre à baisser les bras, mais Tom n'était décidément pas un adversaire à sa taille. « Dépêche toi. Le musée ferme à 20h00 ».

[...]

Même si la tempête semblait s'être atténué, de brutales bourrasques de vent s'abattaient toujours sur les rues presque désertes de Houston. Réprimant un frisson, Bill resserra sa veste en cuir sur son dos osseux, le souffle chaud s'échappant de sa bouche glossée venant percuter le froid mordant de l'extérieur. A ses côtés, Tom, qui ne semblait ressentir aucun désagrément, marchait à pas rapides vers la rue principale, insensible au regard meurtrier que lui adressait le jeune brun.

En effet, braver les éléments déchaînés était une des conditions posées par Tom après avoir accepter de l'accompagner à cette exposition dont il ne connaissait rien, et qui l'obligeait à quitter le confort douillet de sa chambre, pour déambuler de longues heures au sein d'une multitude de salles peuplé de portrait abstraits. Mais de toute évidence, Bill n'était pas de son avis, poussant de petits soupirs et frottant exagérément les manches de sa veste pour simuler un froid polaire qui ne semblait pas atteindre le blond.

Finalement, au bout de quelques minutes, Tom se stoppa au milieu du trottoir et retira l'écharpe en tissu qu'il portait autour du cou, pour la tendre dans sa direction. « Tiens, prends ça ». Oubliant momentanément de feindre l'hypothermie, Bill jeta un bref coup d'½il à l'écharpe et fronça son petit nez rosi. Elle n'allait de toute évidence pas avec sa tenue, mais le geste en lui-même le toucha, et il n'osa pas refuser l'offre de Tom pour un prétexte aussi puéril. De plus, il commençait à avoir réellement froid, ses doigts tremblant au fond de ses poches.

Il fit donc tourner délicatement l'étoffe autour de son cou, écarquillant les yeux en humant le mélange d'after-shave et de parfum qui s'était imprimé dans le tissu. Il reconnut immédiatement l'odeur de Tom, une odeur qu'il avait déjà pût sentir lorsqu'il s'approchait de lui pour lui donner quelques instructions avant que Stephen ne commence à l'aveugler sous les flashs de son appareil. Inconsciemment, ce mélange le rassurait, et il murmura un vague 'merci' avant de continuer d'avancer, calquant sa démarche sur celle, plus chaloupée, du blond.

Il n'émit cependant plus aucune plainte jusqu'à leur arrivée devant l'entrée du Museum of Fine Arts.

[...]

A l'intérieur du tunnel de lumière reliant les deux annexes du musée, Bill consentit enfin à laisser Tom le photographier. Celui-ci se baladait depuis le début de la visite avec son numérique autour du cou, cherchant à prendre une photo de Bill à côté d'une statue ou d'une autre ½uvre contemporaine, mais le jeune homme déjouait habilement la moindre de ses tentatives, se cachant derrière ses lunettes mouches aux verres aussi sombres, qu'épais.

Il estimait que cette journée était sa journée de repos, et il ne voulait pas avoir à jouer la comédie devant un objectif, 'Surtout avec cette écharpe autour du cou', lui avait t'il précisé en riant. S'offusquant à moitié, Tom n'avait pas lâché prise et avait finalement réussi à le convaincre de lui laisser quelques minutes pour photographier son sourire timide, à l'intérieur de cette ½uvre réalisé par un artiste au nom imprononçable, déserté par les visiteurs à cette heure de la journée.

Il s'était alors étonné de la gêne inhabituel du jeune brun, pourtant habitué à être shooté à tout instant. En effet, à travers son petit écran, il pouvait voir les joues de Bill rougir alors qu'il baissait ses lunettes, les coinçant dans l'encolure de son T-shirt, avant de poser maladroitement ses mains fines sur ses hanches, lui lançant un regard faussement désinvolte. « Hey détends toi, je ne suis pas le photographe de Cosmopolitan, tu sais ». Bill haussa un sourcil, laissant tomber ses bras le long de son buste, avant de lui tirer mutinement la langue.

Tom déclencha alors le flash, son ventre se retournant en apercevant la petite bille en métal briller sous les faibles rayons de soleil qui filtrait à travers la paroi transparente. « Je ne suis pas stressé. Et montre moi cette photo ! Tom ! ». Mais le jeune blond avait déjà rangé son appareil, se délectant de la mine déconfite de Bill. « Je croyais que jouer au modèle ne t'intéressais pas aujourd'hui ? ». Bill émit un gémissement de frustration, levant les yeux au ciel. « Tu es insupportable ». Adorablement insupportable.

[...]

Lorsqu'ils sortirent de la dernière salle de peinture, le musée était sur le point de fermer, le gardien attendant visiblement leur départ pour verrouiller l'imposante porte d'entrée. Partageant un regard complice, ils s'excusèrent et dévalèrent les marches en béton, s'arrêtant essoufflés, devant l'arrêt de taxi le plus proche. Bill avait finalement eu gain de cause, et Tom était secrètement ravie de ne pas avoir à faire le chemin du retour à pied.

Durant toute la durée de la visite, l'enthousiasme de Bill avait mit ses nerfs à rude épreuve, et ses jambes courbaturées semblaient vouloir lui rappeler les kilomètres de couloir qu'il avait dût parcourir, sur les talons du jeune homme infatigable. Aucun tableau n'avait échappé à son ½il avisé, et il l'avait abreuvé de commentaires et de références qui lui avaient totalement échappés, son manque de culture sur le sujet lui paraissant alors être un handicap impressionnant.

Mais malgré son désarroi croissant, il avait aimé apercevoir cette étincelle de passion traverser les pupilles chocolatées du jeune brun, leurs donnant un éclat qui lui était jusqu'alors totalement inconnu. Il lui semblait qu'il pourrait découvrir chaque jour une autre des multiples facettes de Bill, et cette perspective le réjouissait intérieurement, car c'était tout ce qu'il recherchait depuis qu'il l'avait rencontré à Boston. Apprendre à la comprendre, pour un jour, peut être, pouvoir l'apprivoiser.

[...]

Le taxi s'arrêta devant la façade illuminée du palace, et Tom glissa un billet au chauffeur avant d'ouvrir la portière. Mais son geste fut arrêté par la main de Bill, qui lui agrippa l'épaule, l'obligeant à se retourner. Il se mordillait la lèvre et Tom ne pût s'empêcher d'admirer son écharpe sur son cou si gracile, qu'il pouvait voir vibrer alors qu'il lui chuchotait ces quelques mots. « Je vais aller directement à ce dîner...Un ami de Mark nous a invité la semaine dernière ».

« Oh...hum d'accord ». Tom ne put s'empêcher de se sentir légèrement désappointé, même si ce sentiment était ridicule. Bien sûr, sa soirée était prise, comme la plupart du temps, et il balaya rapidement la possibilité de l'inviter à voir un DVD dans sa chambre, possibilité qui avait germé dans son esprit durant le trajet. Le fait que Mark lui ait accordé un après midi était déjà un petit miracle, il ne fallait pas trop espérer. « Je...on se voit demain ok ? ». Tom acquiesça lentement, tentant de lui rendre son sourire chaleureux, sans succès.

[...]

La soirée fut interminable, et Bill ne pût refermer la porte de sa chambre qu'aux alentours de deux heures du matin. Il n'avait accepté cette invitation que par pure politesse, ne connaissant aucune des personnes présentes à ce dîner. Et même s'il était à présent habitué à ce genre de réception, il n'arrivait toujours pas à s'y amuser.

La lune éclairait faiblement ses draps blancs, et il retira rapidement ses lunettes, avant de se blottir contre le matelas moelleux. Il écouta les pulsations se son c½ur briser le silence de la pièce, et tapota légèrement les couvertures du bout des doigts. Il remarqua alors qu'il portait toujours l'écharpe de Tom, et porta le tissu à son nez pour en respirer la fragrance délicate. Il cligna rapidement des yeux, et se retourna, portant la main à la poche arrière de son jean pour se saisir de son portable.

'Un appel en absence'. Ses doigts se crispèrent contre le petit appareil, et son souffle se coupa. Il ne pouvait pas détacher ses yeux du prénom inscrit sur l'écran illuminé, un prénom qu'il avait si souvent prononcer, avant. Quelques lettres qui le ramenaient malgré lui, dans un passé qu'il avait tenté de mettre de côté durant toutes ces semaines. Sans succès, de toute évidence. Son doigt glissa contre la touche, et il entendit les tonalités résonner contre son oreiller, comme un dernier avertissement.

« Bill ? ». Il ferma les yeux, se mordant fortement les joues, laissant les souvenirs l'envelopper. « Je...je t'avais promis de ne pas t'appeler, mais...je suis désolé ». Un faible sourire se dessina sur ses lèvres fraîches, et il savait qu'Enzo pouvait le deviner. « Je ne t'en veux pas ». Et cela était vrai, il ne pouvait pas exprimer une quelconque rancune, pas ce soir. Il ne pouvait qu'écouter sa voix grave, si familière, qui lui murmurait des mots insensés.

Il ôta lentement l'écharpe de Tom et la laisser glisser sur la moquette immaculée.

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Je vais vraiment essayer de tout boucler ce week-end. Pour Enzo qui revient, pas de panique mais bon, c'est trop facile sinon ^_____^

A très vite, normalement,


Bisous<33
Lucy**


Bon, avec le retour à la fac, j'ai comme prévue, beaucoup moins de temps pour écrire. Je vais essayer de finir le prochain chapitre pour ce week end, mais cela dépendra de mon boulot. Bisous<3.


# Posté le samedi 13 septembre 2008 06:06

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:13