Une ombre se détache sur le mur blanc de la pièce. Une ombre qui oscille à peine lorsque la porte d'entrée claque dans un bruit sec. Bientôt une seconde personne entre dans la pièce, marquant un temps d'arrêt en apercevant la silhouette immobile. Stupéfait il n'ose presque plus respirer, écoutant les battements de son c½ur affolé résonner à travers le silence opaque. Apres quelques secondes suspendues dans le temps, il ose enfin approcher une main tremblante de l'épaule du visiteur.
Celui-ci ne bouge toujours pas, peut être a-t-il trop attendu. Le soleil se couche à l'horizon et à travers les reflets orangés qui se reflètent sur la vitre, il aperçoit un visage familier. Un sourire hésitant se dessine sur ses lèvres charnues, mais il n'arrive toujours pas à atteindre le corps d'Enzo. Peut être à t'il déjà trop hésité. Ils sont à présent si éloignés, et malgré tout ses efforts, ses gestes restent bloqués, la pièce restant figée dans une torpeur tiède.
[...]
Haletant, le front humide, Bill ouvra brutalement les yeux, ses pupilles paniquées cherchant à accrocher un détail familier à travers l'immensité de la pièce, qui lui semblait si impersonnelle. Il ne parvint qu'à poser son regard sur le plafond vouté de sa chambre, avant de s'attarder sur les rideaux pourpres à travers lesquels filtraient déjà quelques rayons lumineux brûlants, témoins de la fournaise qui régnait à l'extérieur.
Après avoir étouffé un soupir, il enfouit sa tête sous les oreilles, évitant la vue de ses bagages à moitié défait, échoués sur la moquette épaisse. La nuit avait été longue. Comme promis, il avait passé une grande partie de la nuit à discuter avec les dirigeants de Lacoste, dont la maison mère venait de s'installer en plein c½ur de Manhattan. De passage dans la ville du péché, ils avaient insisté pour rencontrer le jeune homme qui s'apprêtait à devenir leur nouvelle égérie.
Au petit matin, il avait finalement été autorisé par Mark à quitter la pièce enfumée pour rejoindre sa chambre climatisée. Un rapide coup d'½il à Tom, accoudé au comptoir avec Kate et Stephen, avait suffit à convaincre le jeune blond de rentrer avec lui. Une fois avoir salué leurs amis, ils s'étaient donc dirigés vers la sortie, évitant soigneusement les quelques paparazzis qui erraient encore aux alentours du Bellagio.
A l'intérieur de l'habitacle du taxi, il avait laissé son dos reposer contre le dossier en cuir, respirant à plein poumon l'air frais qui s'engouffrait à travers les fenêtres ouvertes. Sa tête était lourde, les vapeurs de l'alcool engourdissant ses sens à cette heure avancée de la nuit. Il avait alors observé avec curiosité le visage de Tom, dont le regard empreint de malice était toujours dirigé en direction des fontaines vertigineuses de l'hôtel, illuminées sous ce ciel sans nuage.
Ses traits étaient détendus, et il avait semblé parfaitement apaisé, comme si la soirée qu'ils venaient de passer n'avait eu aucune incidence sur son humeur. Bill lui se sentait terriblement las. La voix du DJ et le bruit des éclats de verres semblaient le poursuivre, les sourires remplis d'hypocrisie de ses interlocuteurs ne semblant pas vouloir le quitter. Il avait aimé ce monde pailleté, peut être plus que de raison. Mais à présent, sans la présence rassurante d'Enzo à ses côtés, il se sentait perdre pied.
Et lorsque Tom s'était tourné vers lui, l'enveloppant d'un regard chaud et tendre, il avait crû comprendre. Le jeune homme était un des seuls, au sein de son entourage proche, à oser soutenir son regard, ne détournant jamais les yeux, même quand ses accents de diva tentait de s'imposer, dans une ultime tentative de se protéger. Sa notoriété commençant à peine à franchir l'océan Atlantique, Tom ne se doutait t'il pas encore de l'importance du jeune homme qui se trouvait à quelques centimètres de lui.
Peut être même ne le saurait t'il jamais.
[...]
Après quelques minutes de réflexion supplémentaire, il consentit finalement à repousser les draps fins aux coutures bordeaux, qui recouvraient ses jambes pâles et osseuses. Il n'était pas loin de midi, et un tiraillement familier se faisait sentir au niveau de son estomac. Sans plus attendre, il se dirigea paresseusement vers la salle de bain, bien décidé à profiter de ce merveilleux bain à remous.
Au même moment, dans les cuisines bruyantes de l'hôtel, un jeune homme blond tentait de convaincre un groom de lui laisser monter le chariot contenant le petit déjeuner de la chambre 621, qui venait d'être commandé quelques instants auparavant.
[...]
Un nuage de buée se formait sur les immenses glaces, et bientôt il ne vit plus que ses yeux noirs, qui se détachaient de la surface lisse et froide, tels deux tâches d'encre sombres. Ses cheveux trempés faisaient naître un sillon d'eau tiède qui s'écoulait le long de sa colonne vertébrale, créant une légère chair de poule sur sa peau nue. Malgré l'étouffante température régnant dans la pièce, il tremblait, et ses doigts s'agrippaient violemment au bord du lavabo.
Il s'approcha alors lentement de la glace, défiant du regard l'inconnu dans le miroir. Un inconnu au teint terne, en l'absence de tout artifice et dont les pupilles jadis étincelantes, lui semblait avoir perdu de leur éclat. Tout avait un prix. Peut être avait t'il déjà commencé à payer son dû. Sur cette dernière pensée, il quitta la pièce, laissant les ultimes traces de savon effacer son reflet blessé.
[...]
La baie vitrée entrouverte laissait entrer une chaleur réconfortante, et il extirpa rapidement de ses valises un jean et un T-shirt blanc soigneusement taché de peinture. Mais au moment de s'appliquer une ultime couche de mascara, un coup fut frappé à la porte et quelques secondes plus tard, Tom entra dans la pièce, poussant un chariot argenté d'où se dégageait une forte odeur de caféine.
« Le petit déjeuner est servit ! Bill ? ». Le jeune brun sortit avec étonnement de la salle de bain, haussant un sourcil perplexe devant la vision d'un Tom reconvertit en groom d'étage.
« Je peux savoir ce que tu fais là ? ». Un éclair de panique traversa le regard de Tom, mais sans se départir de son flegme habituel, il haussa simplement les épaules avant de se diriger vers la sortie, laissant le chariot devant le canapé en cuir de la suite. Et même si la remarque de Bill ne semblait pas l'avoir touché, il était intérieurement, profondément agacé par son attitude.
Bill quant à lui ne bougeait toujours pas, observant d'un ½il critique le contenu de son petit déjeuner. Et ce n'est qu'en entendant la porte d'entrée claquer, qu'il prit conscience de sa maladresse. « Bon sang, Tom ». Il retrouva finalement le jeune dreadé dans le couloir, en train de se diriger vers les ascenseurs. Il accéléra alors le pas et coinça la porte métallique avant que celle-ci ne se referme.
Tom esquissa un sourire, amusé par la situation. « Laisse cette porte se refermer ». « Hors de question, c'est toi qui descend ». Le sourire de Tom s'élargit. « Tu n'as pas l'habitude qu'on te refuse quelque chose n'est ce pas ? ». Surpris par la remarque, Bill recula d'un pas, laissant la porte se refermer devant son nez. « Crétin ! ». Excédé par sa défaite, il fit demi-tour en direction de sa chambre, laissant les semelles de ses tongs trainer contre le sol.
[...]
Un quart d'heure plus tard, le chariot argenté était à moitié vide, et un message de Kate était arrivé sur son BlackBerry. La séance photo qui devait être réalisé pour le Elle américain de ce mois-ci, avait été retardé, il avait donc quartier libre jusqu'en fin d'après midi. Des heures de repos qu'il ne savait pas comment occuper, lui qui n'était presque jamais en pause mais toujours sur les routes.
C'est alors qu'en jetant un rapide coup d'½il à travers la fenêtre, il aperçut, au pied du bâtiment et au milieu de palmiers et autres arbres exotiques à la végétation luxuriante, la piscine de l'hôtel. L'eau turquoise scintillait sous la lumière crue du soleil et de nombreux résidents étaient allongés sur des transats multicolores, répartis tout autour du bassin. Il faisait définitivement trop chaud pour rester enfermé toute l'après midi.
[...]
A travers ses lunettes noires, il aperçut alors Kate au téléphone, assise au bar de la piscine. S'asseyant à son tour, il commanda un jus de goyave, et fit un rapide tour des personnes présentes à l'extérieur du bâtiment. De toute évidence, nombreux avaient été ceux qui avaient profité du retard du planning pour profiter du soleil brûlant. A ses côtés, Kate avait mit fin à sa conversation et se tourna vers lui.
« Hey Bill, ca va ? ». Il hocha la tête, et sans un mot, elle sortit de son sac de plage un tube de crème solaire. « Pas de coup de soleil, Mark en boufferait sa casquette ». Le jeune brun étouffa un rire en s'imaginant arriver au photoshoot avec un superbe coup de soleil sur le visage. Mark serait furieux, et cela donnerait du travail supplémentaire à son amie. Il n'en était pas question. . « Pas de problème. Dis-moi, Tom est là ? ».
Tout en sirotant sa boisson, elle lui désigna d'un mouvement de menton, un parasol rouge sous lequel étaient allongés Tom et son oncle. « Ok, merci ».
[...]
Pendant ce temps là, Tom profitait pleinement du soleil, laissant ses rayons brûler sa peau délicatement mordorée. Le bassin tout proche déposait une légère brise sur sa peau chaude et tout en poussant un soupir de bien être, il se retourna sur le dos. Les yeux fermés, il chercha alors à tâtons sa boisson, qu'il avait abandonnée sur la table basse qui se trouvait entre son transat et celui de son voisin.
Mais il fronça rapidement les sourcils, sa main n'attrapant que du vide. Agacé, il allait rouvrir les yeux lorsqu'une voix familière retentit à ses oreilles. « C'est ca que tu cherches ? ». Ouvrant brusquement les yeux, il aperçut alors Bill allongé sur le transat voisin, son précieux verre à la main. « Rend-moi ca ! ». Le jeune brun se tourna sur le coté pour mieux l'observer, une lueur de regret au fond des yeux. « Tu m'en veux toujours ? ».
Il parlait à voix basse, et ses doigts étaient crispés autour du verre qu'il lui tendit, avant de relever ses lunettes de soleil sur le haut de sa tête. « Je ne voulais pas te vexer, mais tu m'as surpris...De toute façon, ma chambre n'est pas un moulin ». Une moue boudeuse avait reprit possession de ses traits, et Tom comprit que c'était sans doute sa manière à lui de s'excuser. « C'est bon Bill. Je te pardonne... si tu me donnes le délicieux jus de goyave que tu tiens dans ton autre main ».
Il éclata alors de rire en apercevant le regard stupéfait de Bill, abasourdit par tant d'audace. Mais ce fut à son tour d'être surpris lorsque celui-ci lui tendit sans broncher son verre, marmonnant qu'il pouvait même le finir, qu'il n'en voulait plus, de toute façon. Tom posa alors les deux verres sur la table basse, avant de se saisir de la main de Bill, l'entrainant vers l'eau.
Après tout, ils auraient bien le temps de boire ensemble, une autre fois.
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Voilà, voilà, la suite fin août, là je pars au bord de la mer <3
Bisous<33
Lucy**
De retour de la playa, avec des coups de soleil en prime, mais bon je ne vais pas me plaindre vu le temps qu'il fait à mon retour >.< Bref, je vais essayer de poster trèèès rapidement la suite, cette fiction doit être finie avant la rentrée, après je n'aurais plus le temps.
Et j'ai encore des idées qui fusent dans ma pauvre cervelle, dont une, tenace, que je vais essayer de mettre en place rapidement. Postage irrégulier en prime, bien sûr.
Merci beaucoup à celles qui commentent, pour répondre à pat-style, moi aussi j'aime des chapitres légers comme ceux-là, je n'ai définitivement pas la tête à une fiction triste, malgrès la pluie qui tombe xD
Je garde mon pessimisme pour ma nouvelle fiction (un jour je m'arrêterais, promis), mais celle-ci sera définitivement bien +++ légère que tout ce que j'ai fait jusqu'ici =)
Bisous<33
Lucy**
Et j'ai encore des idées qui fusent dans ma pauvre cervelle, dont une, tenace, que je vais essayer de mettre en place rapidement. Postage irrégulier en prime, bien sûr.
Merci beaucoup à celles qui commentent, pour répondre à pat-style, moi aussi j'aime des chapitres légers comme ceux-là, je n'ai définitivement pas la tête à une fiction triste, malgrès la pluie qui tombe xD
Je garde mon pessimisme pour ma nouvelle fiction (un jour je m'arrêterais, promis), mais celle-ci sera définitivement bien +++ légère que tout ce que j'ai fait jusqu'ici =)
Bisous<33
Lucy**




