Chapitre 15

Chapitre 15

Une brise légère vint effleurer sa joue, faisant voleter quelques mèches de ses cheveux fins, qu'il captura rapidement entre ses dents, tâchant de maîtriser les effets du vent qui s'abattait sur cette petite plage de Floride. Derrière lui se tenait une jeune femme blonde, qui sous les instructions de Stephen posa sa main sur son épaule, avec une certaine hésitation. Le photoshoot durait depuis un peu plus de quatre heures, et Bill espérait que si elle se montrait un peu plus coopérative, les choses iraient sans doute plus vite.

Il lui adressa alors un sourire encourageant avant de reporter son entière attention sur l'objectif du photographe, laissant ses cheveux voler librement autour de ses épaules. A l'arrière plan, il aperçut Tom, un ordinateur portable sur les genoux, sans doute en train de regarder les clichées précédents, et tenta d'attirer son attention, en vain. Stephen tournait autour d'eux, posant quelques fois un genou dans le sable chaud, et il retrouva rapidement son air impassible. Tom attendrait.

[...]

Assis sur la banquette arrière du fourgon contenant le matériel photo, Bill croqua mollement dans une pomme verte. Blotti dans le siège du conducteur, Tom l'observait manger, laissant son sandwich intact tâcher son short de plage. « Alors, tu en penses quoi de cette fille ? ». Bill haussa les épaules et reposa sa pomme pour mieux ouvrir une petite canette de soda light. « Elle est encore jeune, elle apprendra ». « Comme toi ». Le brun haussa un sourcil perplexe, et Tom se racla la gorge. « Tu as débuté assez tôt non ? ».

« En effet ». Il se demanda alors comment diable Tom était au courant de cela. Il ne se rappelait pas d'avoir, un jour, abordé le sujet avec lui. « Un casting sauvage. Je n'étais pas encore majeur ». Il but une gorgée tiède de soda et appuya son front contre la vitre, murmurant : « Et sans doute bien trop immature pour faire face à tout cela ». Tom retint son souffle, patientant quelque peu avant de poser la question qui le démangeait depuis déjà un certain temps. « Tu as déjà eu des regrets, concernant cette époque ? ».

Bill n'hésita guère avant de répondre, et Tom devina qu'il s'agissait là d'une question auquel il avait dût déjà réfléchir de nombreuses fois. « J'ai aujourd'hui tout ce que je désire, me plaindre de mon statut serait totalement déplacé ». Il soupira, fixant ses pupilles dans celles du jeune blond. Ses traits s'étaient durcis, et Tom pouvait sentir la colère qu'il nourrissait envers certaines personnes, mais surtout, envers lui-même. « Mais je ne peux nier que, dans le passé, certains éléments ont échappés à mon contrôle ».

Il détourna les yeux et Tom comprit que la discussion était close. Il se décida alors à mordre dans son sandwich au poulet, la mayonnaise débordant sur son menton imberbe.

[...]

Appuyé contre le rebord de la fenêtre, Bill inhala une deuxième bouffée de cigarette, laissant les cendres encore brûlantes, mourir sur le tapis en lin de la chambre. Dans moins d'une heure, il lui faudrait rejoindre le reste du groupe dans la salle de restaurant pour fêter comme il se devait, l'anniversaire de Luke. Kate avait acheté leur cadeau commun la veille, mais il ne savait même pas ce dont il s'agissait. Il le découvrirait en même temps que le principal intéressé.

Il entendit alors la sonnerie bruyante de son portable et décrocha sans vérifier l'identité de son interlocuteur, une inexplicable appréhension au creux du ventre. Cela faisait maintenant presque une semaine qu'Enzo l'avait appelé, profitant d'un décalage horaire qui lui était favorable. Leur discussion avait été plus simple à mettre en place qu'il ne l'avait espéré, les sujets délicats n'ayant pas été réellement abordés. Il se sentait tellement lasse de toute cette situation, et il était si tard. Enzo n'avait pas insisté.

Bien sûr il savait qu'ils devraient en parler, un jour ou l'autre. Mais pour l'instant, il s'en sentait tout simplement incapable. Il lui restait encore un peu de temps, une semaine avant qu'ils n'arrivent à New York pour la dernière étape de ce marathon à travers les Etats-Unis. Une semaine avant qu'Enzo ne le rejoigne pour effectuer son voyage retour avec lui. Mais au fond, il savait que ce come-back en Europe allait être plus difficile à gérer qu'il n'y paraissait.

Certaines choses sont trop fragiles pour être ramenés dans une valise griffée.

[...]

La blanche lumière des néons, si semblables à celle qui illuminait autrefois son visage à l'approche des podiums, semblait à présent l'aveugler. Si les sentiments peuvent évoluer, la capacité de résistance d'une personne peut également s'effilocher. Il ne chercha toutefois pas à fuir les spots, laissant la lumière des projecteurs brûler ses rétines trop sensibles, incendier sa peau si pâle. La fête battait son plein, et il aperçut Mark faire un signe bref au serveur. Il était bientôt minuit, le glaçage du gâteau survivrait t'il à la chaleur étouffante des nuits de Miami ?

Les bougies éclairèrent doucement les abords de la table, laissant la pièce dans l'obscurité. Il pouvait voir les visages familiers entourer le sourire fade de Luke. Les chaises grincèrent sur le parquet et il tenta d'échapper aux chuchotements indiscrets des convives, dont les regards insistants étaient dirigés vers les mains tremblantes du serveur, qui tentait de poser son lourd plateau sur la table surchargé de verres en cristal, luttant pour ne pas ployer sous le poids de sa mission.

Il vit alors deux mains qu'il ne connaissait que trop bien, attraper discrètement le bord du plateau, le poussant délicatement contre la nappe blanche tachée de vin. Un silence s'installa et Luke fronça les sourcils avant de souffler bruyamment sur les bougies de cire qui déjà, commençaient à se consumer sur le nappage en chocolat. Les exclamations fusèrent, et les flashs timides de quelques portables se déclenchèrent. On déposa des parts de gâteau dans les assiettes, mais il savait que tout cela n'était que gâchis.

Qui oserait toucher à une telle quantité de glucose devant témoins ?

Il détourna alors les yeux et fixa son regard sur Tom, qui s'était rassit sur une chaise abandonné, une coupe de champagne aux lèvres. Il s'avança furtivement, mais au moment de s'asseoir à ses côtés, les bracelets colorés de ses poignets bronzés, effleurèrent ses propres breloques en argent massif. Un léger tintement se fit entendre, et il apprécia ce son, comme il avait apprit à aimer leurs contrastes, toutes ces petites différences qui chez eux, s'accordaient en parfaite harmonie.

Un bref regard suffit alors à convaincre Tom de le suivre à l'extérieur, une assiette en porcelaine dans les mains.

[...]

Le sable tiède glissait entre ses orteils et il s'amusa à le saisir à pleine main, comme pour retenir les secondes qui s'égrenaient, l'amenant à chaque instant un peu plus près de cette finalité redoutée. Un morceau de gâteau en suspension devant sa bouche depuis plusieurs minutes, Tom se délectait de la moindre sonorité de sa voix, s'amusant de son rire en cascade et de ses petits cris d'indignation devant le vue de sa french manucure bousillé par les grains de sable rugueux.

« Bon sang ! ». Vaincu, il s'allongea de tout son long sur la plage déserte, tournant légèrement la tête pour ne pas rompre le contact visuel avec Tom, qui refermait sa bouche sur la fourchette en argent. Au loin, il pouvait encore entendre quelques bribes de conversation, mais il ne bougea pas, profitant de cette sérénité qui l'envahissait à chaque fois qu'il s'éloignait d'eux pour mieux se rapprocher de lui. Ces moments volés où il pouvait simplement être lui-même.

Tom reposa alors l'assiette sur le sol, lui lançant quelques regards hésitants. Ses lèvres mouillées s'ouvrirent et il laissa ses pupilles s'accrocher au ciel d'encre, alors que sa main effleurait brièvement celle du jeune brun. Il sentit alors la paume chaude de Bill se refermer sur la sienne, et ses traits crispés s'apaisèrent lentement. Les murmures autour d'eux s'effacèrent, et ils n'entendirent plus que le bruit calme de leurs respirations, qui se mêlaient aux battements de leurs c½urs enfin entiers.

[...]

« Juste une chanson Tom, s'il te plaît !! ».

Les pupilles de Bill s'assombrirent et Tom essaya de chasser cette tension dans son ventre. Les rideaux blancs de sa chambre voletaient contre les vitres, dont seule une petite lampe de chevet venait en éclairer le désordre. Assis sur la couverture, il posa précautionneusement sa guitare sur ses genoux, laissant ses doigts se frotter aux cordes sèches. Bill l'avait supplié de nombreuses fois de lui jouer une de ses compositions, mais il n'avait jamais cédé, dissimulant son malaise derrière une pudeur naturelle.

Mais ce soir, un goût amer d'alcool encore imprimé sur son palais, il se sentait prêt à laisser tomber le dernier rempart qu'il avait lui-même soigneusement érigé entre eux. Peut être Bill s'ennuierait t'il à l'écoute des première notes, peut être penserait t'il qu'il n'avait aucun talent. Et peut être même aurait t'il raison. Chassant ses dernières réflexions, il se concentra sur son médiator et laissa la musique l'entraîner.

Les paupières désespérément closes, il s'appliqua, se remémorant la composition de cette chanson qui n'avait pas encore de titre. Quelques paroles s'étaient imposées d'elles même dans son esprit, mais il les avaient rapidement chassés, se moquant de sa naïveté. Son pied frappait la moquette à un rythme soutenu, mais il pouvait encore sentir les fausses notes s'échapper du bois, comme Bill pouvait les entendre.

La mélodie même, ne lui était plus familière. Peut être ne lui appartenait t'elle plus à présent, maintenant que la personne pour laquelle il l'avait écrite, était là, assis en tailleur, en train de l'écouter. Il mordit violemment dans son piercing et laissa le goût du sang se répandre sur sa langue engourdie. Les derniers s'accord s'envolèrent, et il détacha lentement la guitare de son torse, gardant les yeux fermés.

Il commençait à douter que Bill soit resté dans la pièce, lorsqu'un bruit de draps froissés de se fit entendre. Il sentit alors une main se glisser tendrement autour de son poignet, l'obligeant à reposer sa précieuse guitare. Il le vit alors, agenouillé devant lui, ses yeux mi-clos, plongés dans les siens. Quelques paillettes s'étaient égarées au coin de ses yeux et Tom ne pût résister à la tentation de plonger son nez dans ses cheveux ébène, se shootant à l'odeur entêtante de son shampooing à la vanille.

Les ongles de Bill s'enfoncèrent alors dans sa peau, et il laissa ses lèvres dévier contre son cou, se stoppant à quelques centimètres de sa peau parfumée. Le souffle saccadé du brun se répercuta contre son oreille et il se reculait légèrement lorsqu'une main se posa sur sa joue, l'obligeant à le regarder. Des pupilles étincelantes le fixèrent quelques instants, avant de disparaître sous une nuée de cils alourdis de mascara. Il sentit alors ses lèvres pulpeuses se posèrent sur les siennes, dans un baiser bref mais exigeant. Un baiser à son image.

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J'ai les yeux morts mais ce chapitre est enfin finit *smile*

Bon on a fait un sacré bond, mais bon je pense que c'est le bon moment ^^ Il reste exactement un long chapitre et un épilogue pour tout finir d'expliquer =)

Voilà, j'espère que la scène finale vous plaît, j'ai eu du mal à l'écrire, même si je savais depuis longtemps comment cela allait se passer !!

Chapitre suivant, dès que je peux, mais j'ai pas mal de boulot donc....See you soon !


Bisous<3
Lucy**


La suite dès que possible, mais j'ai de nouveau craqué pour écrire un truc qui me trottait dans la tête depuis un petit moment... Cadeau xD

# Posté le jeudi 18 septembre 2008 19:36

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:13

Chapitre 16

Chapitre 16

Les portes métalliques se refermèrent sur le dos tendu de Tom, et il baissa les yeux sur ses santiags argentées. Le temps s'était joué de lui et il ne supportait plus les ombres présentes au fond des pupilles du jeune blond. Mais encore une fois, tout cela était son ½uvre, et il ne pouvait que serrer les poings, pour tenter de faire partir cette angoisse sourde, qui comprimait ses poumons, le laissant nauséeux au milieu du hall d'entrée de cet hôtel New-Yorkais.

[...]

Les séquences floues défilaient sur l'écran plat, mais son esprit embrumé refusait de retenir la moindre image. Comme sa raison l'avait empêché de retenir Tom auprès de lui. Les paumes moites et le visage crispé, il tenta une nouvelle fois de repousser cette sensation douce-amère, qui s'était installé au creux de son ventre, comme à chaque fois qu'il repensait à cette soirée. Un vrai gâchis de sentiments et de paroles, qu'il avait pourtant dût, au fil des jours, apprendre à contrôler.

Et s'il n'était pas sortit indemne de cette aventure, il n'était pas le seul à avoir été blessé. Il pouvait le constater chaque matin, en apercevant les traits tirés de Tom, lui faire face au petit déjeuner. La situation était intenable, et le silence qui s'installait entre eux, bien plus effrayant que la pire des disputes. Mais s'il ne pouvait pas nier ce qu'ils avaient vécus, ou s'étaient apprêtés à vivre, il pouvait encore tenter de faire revenir les choses à l'état où il estimait qu'elles devaient l'être.

L'écran redevint noir et la porte claqua, faisant voler une flyer jaune vif abandonné.

[...]

Le vent s'engouffrait dans les allées de Central Park, soulevant ses cheveux fins. Ses bras se croisèrent sur sa veste, plaquant son T-shirt pourpre contre sa peau encrée. La morsure du froid s'atténua et il osa poser son regard sur Tom, dont le profil s'offrait aux dernières lueurs de la journée. Mais la vue de ses pupilles dilatées, par un manque de sommeil évident, lui broya le c½ur. Cette sortie expiatoire était inutile, il n'était plus excusable depuis longtemps.

Il s'assit finalement sur le rebord glacé d'un banc vert abandonné, et Tom se recroquevilla à côté de lui, enfonçant ses mains dans les larges poches de son pull en coton gris. Un silence, élément à présent familier de leur relation, s'installa de nouveau entre leurs deux corps immobiles. Et quand Tom murmura du bout des lèvres, un faible 'Alors ?', il sursauta violemment. Il n'avait plus entendu sa voix depuis si longtemps.

Il fit tourner ses lourdes bagues autour de ses doigts décharnés, retenant sa respiration tremblante. L'oxygène commençait à lui manquer, sa tête tournait, mais il se sentait si seul et tellement perdu. Le regard inquiet de Tom s'attarda alors sur son visage et sur sa nuque découverte. Après quelques secondes d'inertie, il consentit à respirer de nouveau une bouffée d'air frais, toussant pour chasser la chaleur brûlante de sa gorge irritée.

Une main se posa alors sur son épaule, et il se sentit irrésistiblement attiré vers l'arrière. Sa tête retomba dans son cou, et il s'enivra de son odeur si rassurante, qui calmait si bien les battements de son c½ur affolé. Il laissa les souvenirs le submerger, et murmura un faible 'Pardon' au creux de son oreille, avant qu'une première larme ne roule le long de sa joue froide, laissant une trace humide sur l'encolure de son T-shirt.

La main hésitante de Tom retrouva la sienne et la serra doucement. Il comprenait son choix.

[...]

Les jours passèrent, et la dernière semaine à New York s'écoula bien plus rapidement qu'il ne l'aurait souhaité. Bientôt, il reprendrait l'avion pour Berlin, laissant derrière lui, une nouvelle campagne de publicité et quelques émotions perdus.

Pour l'instant, il se tenait seul à la table d'un petit restaurant de Soho. Et la personne qu'il attendait ne devait pas tarder à arriver. Il vérifia une nouvelle fois les messages de son I-phone, avant de reposer son regard sur la nappe colorée. Tom aurait adoré. Un léger courant d'air froid pénétra soudain dans la salle, et quelques secondes plus tard, il sentit deux mains se poser sur ses yeux écarquillés.

« Surprise ». Sa voix grave et veloutée se répercuta contre les murs en brique de la salle, lui arrachant un frisson. Il agrippa ses poignets, l'obligeant à lui rendre la vue, pour mieux observer son magnifique visage s'éclairer lorsque leurs regards se croisèrent. Il n'avait pas tellement changé. Seuls ses cheveux redevenus aussi sombres que ses yeux, pouvaient témoigner de son absence dans sa vie, durant deux longs mois.

Il s'assit alors en face de lui, laissant glisser sa veste le long de ses épaules carrés. Ses fines lèvres rouges sang esquissèrent une moue délicieuse et Bill le laissa lui raconter tout les événements plus ou moins important auxquels il n'avait pas pût assister. Et combien il lui avait manqué. A cette remarque, son ventre se tordit. Il ne pouvait croire en sa propre lâcheté.

Mais lorsque les doigts d'Enzo se glissèrent entre les siens, et qu'il ne ressentit plus rien à part son propre dégoût pour lui-même, il comprit que sa fuite était enfin terminée.

[...]

La nuit plongeait Central Park dans une obscurité profonde, et le bruit furtif de leurs pas les mena inconsciemment devant le même banc abandonné. Il ne parlait plus depuis de longues minutes, et Bill pouvait ressentir la nervosité d'Enzo, les pulsations violentes de son rythme cardiaque. Il le connaissait si bien et cela, il ne pourrait jamais le regretter.

Au fond, il savait qu'Enzo aurait finit par faire des efforts, et que lui-même serait sans doute devenu moins exigeant, le temps aidant. Mais il savait également que ce genre de solution ne pouvait fonctionner éternellement, avant que tout ne se brise de nouveau. Cette fois-ci, définitivement. Et leur histoire, aussi imparfaite soit-elle, ne méritait pas une fin aussi amère.

Il vit alors Enzo s'arrêter devant lui, pour attraper délicatement son menton entre ses doigts fins. Leurs regards s'accrochèrent et le silence se prolongea. Ses genoux tremblaient, mais il refusait de reculer une nouvelle fois.

Finalement, Enzo consentit à relâcher son visage, et détourna les yeux en se mordant les joues. Il venait enfin de trouver des réponses à ses questions.

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Dernier chapitre un peu bizarre, mais je voulais laisser quelques pistes, sans pour autant tout décrire avec précision. Libre à vous de remplir les cases manquantes lol ^^

J'écris l'épilogue ce soir et je poste, je suis motivée =)


Bisous<3
Lucy**

# Posté le jeudi 25 septembre 2008 14:05

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:14

Epilogue

Epilogue

Il courait, ses pieds martelant les trottoirs sales de New York. Le vent fouettait son visage parfaitement maquillé, embuant ses pupilles sombres. Il contournait les passants, évitait les bouches de métro, il ne lui restait plus beaucoup de temps. Ils en avaient déjà perdus tellement. Son estomac se resserra et il esquissa un sourire éblouissant, perdu au milieu de la foule nocturne de la 5ème avenue. Il ne s'habituerait jamais à cette sensation, mais qu'importe. Elle le rendait tellement heureux.

[...]

Un vigile posté devant la porte d'entrée le dévisagea gravement, et le c½ur battant, il lui tendit le flyer jaune vif, enfonçant ses longs oncles dans son épaisse main rêche. Le vigile fronça les sourcils quelques instants, avant d'abaisser lentement le cordon de sécurité, jetant un regard appréciateur à sa tenue. Mais Bill ne faisait déjà plus attention à lui, marchant à pas pressé dans le long couloir sombre. Son front était humide et une mèche de ses cheveux sombres lui tombait dans les yeux.

Il pouvait à peine respirer.

Mais en arrivant devant la porte métallique, il ralentit l'allure, jusqu'à s'arrêter complètement à quelques mètres devant elle. Son enthousiasme débordant s'atténua, et une pointe d'inquiétude fit son apparition. Il se sentait soudain ridicule. Ridicule mais remplie d'espoir, et il savait qu'il s'agissait là, du plus important. Il avait tant apprit de lui et il lui restait tellement à découvrir. Il posa une main tremblante sur la poignée et poussa brusquement la porte.

[...]

Un faisceau de lumière bleuté éclairait la petite scène sur laquelle se trouvait un tabouret en cuir ainsi qu'un micro noir, étincelant sous les projecteurs. Il s'avança vers les premiers rangs et s'agrippa fermement à la barrière de sécurité, enroulant ses mains autour de la barre de fer glacé. La foule était parsemée, mais la salle semblait presque remplie. Inexplicablement, un sentiment de fierté s'empara de lui. Ils étaient tous venus ici, pour lui. Uniquement pour lui.

C'est alors que les murmures de la salle se transformèrent en grondement et il se rendit compte que la pièce était à présent plongée dans le noir. Il vit alors une ombre familière passer furtivement à moins d'un mètre de lui, pour se positionner adroitement sur le tabouret. Et lorsque les lumières se rallumèrent, son c½ur explosa littéralement. Il lui semblait tellement différent, le sourire aux lèvres et sa guitare sèche entre les mains. Tellement plus serein et plus apaisé.

Il salua chaleureusement le public, mais son regard ne croisa pas celui du jeune brun, qui se trouvait sur un des côtés de la scène. Les exclamations de la foule s'apaisèrent alors quelques minutes, et il en profita pour annoncer le premier titre. « Une nouvelle chanson, très spéciale pour moi ». Un sourire mélancolique prit possession de ses lèvres charnues et il commença à jouer les premiers accords, gardant le visage baissé, ses dreadlocks glissant le long de ses épaules.

Avant même d'entendre la première note, Bill savait. Cette mélodie, c'était la sienne. Cette chanson lui était destinée. La voix grave de Tom s'éleva alors dans l'air enfumé de la pièce, et l'écoute du premier couplet lui coupa le souffle. Il ferma alors doucement les paupières, cherchant à retenir cet instant si parfait. Mais lorsqu'à la fin du morceau, il réouvrit les yeux, ce fut pour voir deux prunelles sombres le contempler, une expression stupéfaite sur son adorable visage.

Le temps se figea, et il sentit ses jambes faiblirent pour la première fois depuis le début de la soirée. Pourtant il ne détacha pas son regard de celui de Tom. Il devait comprendre, il devait lui faire comprendre. Il ne voulait plus jamais risquer de le perdre. Ses lèvres glossées murmurèrent alors deux mots, qui s'envolèrent lentement, pour venir se déposer timidement dans le c½ur du guitariste. Pour toujours, espéraient-ils.

N'as-tu pas comprit l'évidence Tom ?

FIN

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Voilà, une autre fiction qui touche à sa fin =)

J'avais promis de la finir, c'est chose faite, même si des fois ce n'était pas facile de mettre des mots sur mes idées ^^

Merci à ceux qui ont lus, qui ont commentés (une pensée pour le gentil commentaire de cec') <3


Bisous<3
Lucy**


PS: Pour répondre à la question d'une lectrice, oui je continue d'écrire, .

# Posté le jeudi 25 septembre 2008 15:32

Modifié le samedi 20 décembre 2008 16:14